30.6 C
Sénégal
29 juillet 2021
FidesPost
ACTUALITE Nationale Vatican

Voici 5 facteurs essentiels pour discerner sa vocation

Pour nous chrétiens, la vocation est un appel que Dieu adresse de façon personnelle à chaque homme qu’il a créé. Les Écritures nous enseignent, effet, que cet appel est inscrit dans la vie de chaque être humain (cf. Jr 1, 5). Trouvant son bonheur et son épanouissement dans cet appel, l’homme y répond librement et y consacre également toute sa vie, servant Dieu, qui lui accorde sa grâce, et les hommes. Sans aucune prétention à l’exhaustivité, il y a donc cinq facteurs essentiels ou paramètres à prendre en compte dans un cheminement vocationnel.

  1. Dieu prend l’initiative de l’appel

Au départ de toute vocation, il y a d’abord Dieu qui en prend l’initiative. Portant un rêve sur chacun de ses enfants, il les appelle à sa suite, sans distinction de catégorie sociale. La vocation n’est pas une production familiale, clanique ou ethnique. Elle n’est pas non plus une affaire d’élite.

La Bible en témoigne. Dieu dit à Jérémie : « Avant même de te façonner dans le sein de ta mère, je te connaissais ; avant que tu viennes au jour, je t’ai consacré. » (Cf. Jr 1, 5). Jésus rencontre Pierre et son frère André au bord de la mer et leur dit : « Venez à ma suite » (Mc 1,17). Il a aussi choisi comme apôtre un collecteur d’impôts, un médecin, un homme qui le reniera sur le chemin du calvaire avant d’en faire le chef de son Église, un autre qui livrera pour 30 pièces d’argent et même un ancien persécuteur des chrétiens.

En réalité, on devient prêtre, religieux ou religieuse sans aucun mérite de notre part. On ne le devient pas non plus parce qu’on serait un parent proche de l’évêque, du Vicaire général, du Curé de la paroisse, etc. On n’entre pas dans la vie religieuse, on ne se marie pas non plus parce que nos parents le souhaitent ou que l’on fait partie des plus beaux, intelligents et charitables du quartier ou du village.

  1. L’homme répond

Tout en prenant l’initiative, Dieu attend toujours la réponse libre de l’homme. Il passe toujours par des signes qu’il pose. C’est peut-être parfois un rêve ou l’amitié d’un prêtre ou d’une religieuse. Nous nous souvenons ici de la réponse du jeune Samuel : « Tu m’as appelé Seigneur, me voici…. Parle Seigneur, ton serviteur écoute » (1S 3, 3-10). Mais il veut une réponse offerte avec promptitude, sans calcul, sans condition et sans retard. Pierre et son frère André laissent leurs filets, leur barque et même leur père pour répondre à l’appel de Jésus et le suivre (cf. Mc1, 18).

A la question de la « crise des vocations », le Cardinal Théodore Adrien Sarr, Archevêque émérite de Dakar, avait l’habitude de répondre qu’il s’agit plutôt d’une « crise de la réponse » de l’homme à l’appel de Dieu.

  1. La mission confiée

Lorsque Dieu appelle, il confie toujours une mission bien précise. C’est pour devenir prêtre, religieux, religieuse, fonder une famille, devenir catéchiste, sacristain, homme politique, entrepreneur, etc. Toute notre vie s’inscrit dans un élan missionnaire. Nous ne sommes jamais là où nous sommes par hasard.

Dieu dit à Jérémie : « Je fais de toi un prophète pour les nations » ((cf. Jr 1, 5). Jésus dit à Pierre et à André : « Je ferai de vous des pêcheurs d’hommes » (cf. Mc 1, 17).

La vie sacerdotale ou religieuse sont certes aux antipodes des canons actuels de la réussite professionnelle, matérielle et sociale. En effet, quel parent ne rêverait pas de voir son fils avoir la même carrière que celle d’un Sadio Mané ou de Mbappé ? Mais la consécration à Dieu n’est pas une vie perdue mais donnée au service des hommes et des femmes de notre Dieu et le salut du monde. Au fond de sa cellule, le moine trappiste réalise sa mission de supplication pour le monde.

  1. Les lourdeurs personnelles

Tous ceux qui ont répondu à l’appel du Seigneur font l’expérience de leurs lourdeurs personnelles, c’est-à-dire de leurs faiblesses ou de leurs limites. Il ne faut pas en avoir honte ou en avoir peur.

« Je suis encore jeune ; je n’ai pas les capacités, je ne suis pas fait pour ça ; je ne suis pas assez pieux ; … », dit-on souvent.

Mais ces lourdeurs peuvent se trouver aussi dans notre environnement : nos parents qui s’opposent, les images et les nombreuses considérations des gens sur notre personne, nos formateurs qui nous renvoient, la société qui banalisent l’engagement durable et définitif….

Cela est arrivé à Jérémie, qui après avoir entendu l’appel et reçu la mission du Seigneur, exprime ses limites : « Ah ! Seigneur mon Dieu ! Vois donc : je ne sais pas parler, je suis un enfant ! » (Cf. Jr 1,6). Saint Paul aussi, missionnaire infatigable, déclare : « J’ai reçu dans ma chair une écharde, un envoyé de Satan qui est là pour me gifler » (cf. 2 Co 12).

  1. La grâce de Dieu

Toutefois, il ne faut jamais oublier que lorsque Dieu nous appelle à sa suite et nous confie une mission, il nous accorde toujours sa grâce. C’est ce qu’on appelle la « grâce d’état » et non « l’état de grâce ». Autrement, il serait un tyran. Il connaît mieux que nous-mêmes toutes nos capacités et nos faiblesses voilà pourquoi Dieu accorde gratuitement son secours pour permettre à l’homme de se tirer à bon compte des difficultés inhérentes à sa profession ou à sa mission.

C’est cette grâce qui donne la force aux consacrés, à des couples, à de nombreuses personnes de tenir face à l’hostilité ou l’adversité ou encore face à toute autre difficulté liée à l’exercice de leur mission et de leur projet de vie.

Dieu dit à Jérémie : « Ne les crains pas, car je suis avec toi pour te délivrer… Voici, je mets dans ta bouche mes paroles ! » (Cf. Jr 1, 8 et 9). A l’apôtre Paul fatigué et découragé, le Seigneur dit : « Ma grâce te suffit car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ».

Alors, toi aussi, ne crains pas !

Abbé Roger Gomis

Laissez un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Ce site Web utilise des cookies pour améliorer votre expérience. Nous supposerons que vous êtes d'accord avec cela, mais vous pouvez vous désinscrire si vous le souhaitez. Accepter Lire la suite