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28 septembre 2020
FidesPost
ACTUALITE Internationale

Un prêtre à Embaló : « Si les prêtres devaient se contenter uniquement de célébrer des messes, je ne sais pas ce que ce pays serait devenu ? »

«Si vraiment les prêtres devaient se contenter uniquement de célébrer des messes ou de rester seuls dans les églises, je ne sais pas ce que ce pays serait devenu? », a réagi l’Abbé Augusto Mutna Tamba du diocèse de Bafata en Guinée-Bissau, en réponse à la déclaration du président Umaro Sissoco Embaló, soutenant que les religieux n’avaient rien à faire dans la vie politique du pays. En effet, interrogé, il y a quelques jours, sur la nomination de l’Abbé Domingos Ca à la tête de la Commission nationale de Réconciliation, le président guinéen avait affirmé  que la place de ce dernier est à l’église pour célébrer la messe. Idem pour l’Iman et le pasteur invités à rester respectivement à la mosquée et au temple pour diriger les prières. La guinée-Bissa étant un état laïc.

L’Abbé Augusto Mutna Tamba est le chargé de communication du diocèse de Bafata en Guinée Bissau. Il n’a pas tardé à réagir à la déclaration du président Bissau guinéen après la nomination, le 4 septembre dernier, de l’Abbé Domingos Ca à la tête de la Commission nationale de Réconciliation, créée en 2007 et qui regroupe des représentants du pouvoir, des membres de la société civile et des leaders religieux.

Il fait savoir que l’Abbé Domingos Ca n’était pas demandeur pour accéder à ce poste. Il a été désigné après à une demande formulée par l’Assemblée nationale populaire à travers une « lettre envoyée aux Évêques de la Guinée-Bissau ».

Mais pour l’Abbé Mutna Tamba, rien n’empêche qu’un prêtre puisse diriger une Commission nationale de Réconciliation. En effet, « tous les prêtres guinéens totalisent chacun douze ans de formation, tous diplômés dont certains avec des doctorats dans différentes disciplines religieuses, sociales ou humaines », a-t-il relevé. « Pourquoi un prêtre doté de telles qualifications ne peut pas diriger une commission de réconciliation ? », s’interroge-t-il.

Il a, par ailleurs, saisi l’occasion pour revenir sur long parcours de l’engagement de l’Église catholique en Guinée-Bissau sur les domaines de l’éducation et de la santé, depuis ses origines lointaines en 1533, en passant par la création du diocèse de Bissau en 1977, jusqu’à nos jours. Un engagement grâce auquel plusieurs écoles et centres de formation ainsi que des structures de santé ont été mis en place par l’Église bissau guinéenne.

« La mission propre du chrétien, de l’Église catholique dans le monde, en particulier en Guinée Bissau, c’est de servir la société pour le développement intégral de la personne humaine. Le message de l’Évangile exige des chrétiens, des laïcs, des sœurs et des prêtres le droit et le devoir de participer à la vie de la société. Voilà pourquoi les prêtres fournissent aussi des services à la société », écrit l’Abbé Tamba.

« Beaucoup de gens ont été soignés et ont eu la vie sauve dans les hôpitaux et les centres de santé appartenant à l’Église catholique. Les enfants malnutris et les femmes enceintes en danger sont accueillis et accompagnés dans les centres de récupération nutritionnelle et les hôpitaux appartenant aux prêtres et sœurs. Combien d’hommes et de femmes de nos jours sont des tableaux dans ce pays ? Beaucoup d’entre eux sont les fruits de l’enseignement des écoles des prêtres », s’insurge encore le chargé de communication du diocèse de Bafata.

Pour lui, l’affirmation selon laquelle « la place du prêtre se trouve uniquement à l’église et que son rôle est juste de célébrer la messe est réductrice. C’est une tentative vaine de dévaluer le rôle plus large que jouent l’Église et les prêtres dans notre société, par des actes de charité, d’aide aux populations, en particulier les plus défavorisées, et de promouvoir le dialogue et la concorde entre nos communautés, en vue d’une plus grande cohésion sociale ».

Pour rappel, interrogé il y a quelques jours sur la nomination de l’Abbé Domingos Ca à la tête de la Commission nationale de Réconciliation, le 4 septembre 2020, le président Umaro Sissoco Embaló avait affirmé que la place de ce dernier est à l’église pour célébrer la messe. Idem pour l’Iman et le pasteur invités à rester respectivement à la mosquée et au temple pour diriger les prières. Pour lui, les religieux n’ont rien à faire dans la vie politique de la Guinée Bissau, qui est un état laïc.

Le président Embalo avait également annoncé la suspension du financement des travaux de ladite commission par le ministère des finances.

Créée en 2007, la Commission nationale de Réconciliation regroupe des représentants du pouvoir, des membres de la société civile et des leaders religieux.

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