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Sénégal
3 décembre 2022
ACTUALITE Recensions - Ouvrages

Recension : L’Église et le féminin. Revisiter l’histoire pour servir l’Évangile, Anne-Marie Pelletier, Salvator, 2021

Agrégée de lettres, docteur en sciences des religions et professeure émérite des universités, l’auteure, membre ordinaire de l’Académie pontificale pour la vie, explore dans cet ouvrage des questions relatives à la place des femmes dans l’Église catholique. Elle démontre (si besoin en est) la gravité du « travail archéologique de mémoire critique » (p.8) autour du statut des femmes dans l’histoire. Ce qui nourrit le débat éthique et théologique tout en l’ouvrant aux questions de société ayant trait au rôle mineur, marginalisé et discriminé des femmes dans l’histoire.

Ce travail critique de grande ampleur construit en deux grandes parties a globalement pour objectif de conduire à une prise de conscience en posant à la tradition  » quelques questions dérangeantes sur des aspects de l’héritage « .

La première partie invoque l’anthropologie, les mythes de l’origine, l’exégèse, le rite de la « vierge consacrée », la conception de la clôture monastique pour mettre en évidence les reliefs de la supériorité masculine et la dissymétrie se convertissant en hiérarchie. À cet état des lieux intellectuel s’ajoutent la peur des femmes, l’impureté féminine, la ségrégation des sexes. Autant de faits qui -avec de nouvelles justifications- ont migré de l’espace social vers l’espace chrétien

La seconde partie aborde deux thématiques singulières : l’usage de la métaphore conjugale dans l’Écriture et dans l’Église et, ensuite, le prétendu spécifique féminin si cher au Magistère et si mal reçu par nombre de femmes qui n’ont-elles-mêmes pas voix au chapitre pour dire ce qu’elles veulent/pensent. Anne-Marie PELLETIER élucide aussi quelques couplages éloquents entre ce spécifique féminin et l’interdit du sacerdoce aux femmes, déconstruisant au passage ces discours autour de la complémentarité qui oublient que l’égalité baptismale est première et commune à tous les baptisés.

In fine, l’auteure arrive à cette remarque fort pertinente titrant le dernier paragraphe : « non pas « autre chose, et mieux », mais « la même chose, autrement ». Tout un programme dont l’enjeu éthique et théologique se situe là !

Homère Yague

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