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4 décembre 2021
FidesPost
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Quatre enjeux pour une synodalité réussie en Afrique (Par le Père Donald Zagoré)

L’épineuse problématique de la synodalité nous invite avec empressement à travailler sur quatre axes majeurs, si nous voulons en faire une réalité effective dans l’église d’Afrique.

Le tout premier axe demeure la nécessité de repenser la notion de pouvoir au sein de l’Église d’Afrique. La dynamique du pouvoir comme service ne doit en aucun cas être l’apanage de beaux discours ou de belles théories. Mais elle doit être vécue comme une réalité vraie, concrète et tangible. Les chefs doivent être des serviteurs au point de se faire l’esclave de leurs frères comme le Christ, en s’abaissant jusqu’à laver leurs pieds. En aucun cas, porter la réalité du pouvoir comme les rois de ce monde, de cette Afrique, qui commandent en maître et font sentir leur pouvoir sur les plus petits, servirait la cause d’une synodalité ecclésiale réelle et effective dans l’église d’Afrique. Le message du Christ est assez clair : « Le plus grand parmi vous sera votre serviteur » (Mt. 23, 11). L’église différente naîtra d’une conception du pouvoir exercé différemment.

Le deuxième axe reste la lutte contre le cléricalisme, qui malheureusement est une des conséquences du pouvoir vécu dans une dynamique absolue et autoritaire. Il faut rappeler aux clercs qu’ils n’ont pas la science infuse ou le monopole de l’Esprit Saint. L’esprit souffle quand il le veut, où il le veut et comme il le veut. Il est donc plus que nécessaire d’apprendre à vivre le service ecclésial dans l’humilité et dans une ouverture d’esprit telle qu’elle est capable d’accueillir même les contradictions les plus acerbes.

Le troisième axe reste la formation holistique des laïcs africains. Dans un continent où le taux d’alphabétisation est déjà élevé, les laïcs africains ont besoin d’être formés adéquatement aux choses ecclésiales. Ils ont besoin de connaître leurs droits et devoirs. Ils ont besoin d’être préparés à la gestion des affaires ecclésiales. Il n’y aura pas de dialogues efficaces et effectifs entre clercs et laïcs si ces derniers sont sous- formés, voire non formés, complètement perdus quand il s’agit des affaires ecclésiales. Tant qu’ils ne reçoivent pas la formation appropriée, ils seront toujours à la merci des hommes d’église.

Le quatrième axe est la nécessité de revaloriser le sacerdoce commun pour favoriser de plus en plus le sens de l’unique appartenance à une même et unique famille : l’Église. Il n’y a pas d’une part l’église des hommes de Dieu et d’autre part l’église des laïcs. Il y a une seule et unique église dans laquelle tous sont égaux et jouissent des mêmes prérogatives. C’est St Paul qui le stipule très bien, dans l’unique corps du Christ, « il n’y a ni juif, ni grec; il n’y a ni femme, ni homme » (Gal. 2,28).

Père Donald Zagore, sma

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