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Sénégal
20 octobre 2020
FidesPost
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Quand le regard devient aussi douloureux que la maladie! (Sr Gisèle Kantoussan)

Comment regardons-nous les personnes malades de notre entourage? Ne sont-ils pas souvent réduits à leur état de santé ou à leur situation de handicap? Sœur Gisèle Kantoussan aborde dans cette chronique la question de la stigmatisation des personnes malades ou en situation de handicap, à la lumière de l’évangile. Elle invite à une conversion du regard.

En parlant avec des amis et des connaissances en bonne santé ou ayant connu de graves problèmes de santé, je leur ai demandé quelles sont les raisons qui pourraient les empêcher de parler de leur maladie. Parmi les réponses que j’ai reçues il y a une qui est souvent revenue: le regard des autres.

En effet nous sommes souvent tentés de regarder les personnes qui souffrent de maladie quelconque ou en situation de handicap en fonction de leur état ou du mal dont elles souffrent. Nous allons même jusqu’à leur donner le nom du mal qu’elles combattent: « goumbeu bi » pour parler de quelqu’un qui souffre de cécité, ou encore « lafagne bi » pour parler de quelqu’un en situation de handicap physique.

Pour nous chrétiens, Jésus vient casser toutes ces barrières que nous installons et que la société ne nous aide pas non plus à éviter. Ainsi dans l’évangile selon saint Luc 5, 12-16, l’évangéliste nous présente une scène qui se passe en ville alors même quil ne devrait y avoir de personne atteinte de lèpre en ville puisque nous savons que lorsqu’on était atteint de cette maladie dite impure, on était en dehors. Il suffit de faire le tour de tous ces établissements que nous appelions des léproseries , je pense à celui de Djibélor situé en dehors de la ville de Ziguinchor ou encore celui de Djifanghor toujours en dehors de la ville de Ziguinchor.

Mais ce qu’il me semble important de retenir aujourd’hui c’est que les frontières dont il s’agit concerne notre regard qui peut exclure les autres en les mettant en dehors de nos villes, c’est à dire ces espaces de vie où la diversité devrait être le maître-mot. Celui dont Luc nous parle n’est pas d’abord un lépreux mais bien un homme qui se trouve être couvert de lèpre.

C’est un bel enseignement pour nous chrétiens, une invitation à reconnaître que la maladie ne retire à personne son humanité; car on a toujours affaire à un homme qui voit Jésus et qui va le rencontrer avec son état de santé, tel qu’il est, sans masque (même s’il nous faut en porter maintenant pour des raisons de santé publique)

Ainsi la question qui nous est posée aujourd’hui et que Jésus nous pose à nous qui désirons le suivre est la suivante: comment regardes-tu les personnes malades de ton entourage? Est ce que tu les réduis à leur état de santé ou à leur situation de handicap?

Et si la véritable lèpre était cette manière de réduire des personnes à leur état de santé jusqu’à les ranger dans des catégories de « goumbeu », « lafagne »….cette lèpre intérieure qui nous ronge et qui devient plus dangereuse que les signes visibles de la maladie elle-même?

Il est bon de demander au Seigneur la grâce de la conversion pour que nous changions notre regard et devenions comme cet homme des témoins du Christ, des hommes et des femmes dont le regard conduit de nombreuses personnes à Jésus en vue de l’écouter et d’être guéries.

Que le Seigneur nous y aide!

Sœur Gisèle Kantoussan

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