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Sénégal
24 octobre 2020
FidesPost
CONTRIBUTION FOI ET COVID19

Pandémie Covid-19 : L’Afrique doit faire émerger sa réponse n’en déplaise aux lobbies pharmaceutiques (Sr Gilles Aimée Cisse)

« Que deviendra l’Afrique après cette pandémie ? Quelle sera sa contribution ? Avec sa nature généreuse, ne pourrait-elle pas servir de rempart à l’humanité n’en déplaise aux lobbies pharmaceutiques qui avec leurs vaccins veulent enfoncer, inhiber encore et encore l’Afrique pour des enjeux purement financiers ?”, s’interroge Soeur Gilles Aimée Cisse, philosophe et membre de la Congrégation des Soeurs de l’Immaculée Conception de Castres. Elle suggère que l’Afrique “pourrait, avec la marque du génie qui la caractérise, faire émerger sa réponse et marquer la différence par son savoir-être et son savoir-faire, au service de la vie et de sa défense, elle qui l’a abritée à ses débuts”. Toutefois, prévient-elle, “l’orientation de notre continent ne devrait pas consister dans l’appât du gain et la course effrénée à l’argent”.

La crise sanitaire provoquée par l’apparition d’un nouveau coronavirus, dénommée covid-19, est toujours d’actualité. Toutefois, elle est – par son retentissement – d’une telle ampleur, qu’elle nous interpelle tous et chacun, et nous enjoint dès maintenant, à la réflexion, à savoir «  Lire les signes des temps », et les interpréter, bien que nous soyons encore en plein dans cette crise ! Le triomphe de la rationalité, de la science, de la technoscience et donc de l’intelligence humaine semble mis à mal par l’apparition de ce virus. Impensable il y a juste quelques mois, le monde doit – la mort dans l’âme – reconnaître son ignorance face à ce virus. Aucun remède pour l’instant, pis encore, la communauté scientifique doit reconnaître qu’elle doit avancer en tâtonnant face à ce virus dont elle ne maîtrise ni les conditions d’apparition, ni la durée de vie, ni tout sur son mode de transmission, les mutations qu’il pourrait connaître, sa manière semble-t-il d’épargner certains et à l’opposé d’être féroce pour d’autres, ni sur la durée probable de la pandémie ! Aucune assurance, on assiste à la floraison d’hypothèses contradictoires concernant tous ces domaines. La rationalité défiée ! On comprend alors – une fois que l’intelligence semble au moins pour le moment mise à mal, et ses méthodes efficaces mises à nu, que ce soit l’émotionnel qui ait pris le dessus.

Assiste-t-on dès lors à la naissance d’une nouvelle ère ? Le fait de nous faire toucher du doigt et ressentir dans notre chair les limites de l’intelligence humaine et de la rationalité ne relèverait-il que de l’absurdité et du non-sens ? La question se pose. Dans ce brouhaha des émotions, de petites voix s’élèvent, qui n’auraient pas eu droit au chapitre en d’autres temps et d’autres circonstances. Des toutes petites voix que l’on a tenté d’étouffer sans y parvenir, auxquelles on a intimé l’ordre de se taire sans succès, et que le retour de l’émotionnel aura donné une chance de se faire entendre. Des voix qui proposent des solutions, dont on ne voulait pas, dont on fustige le peu de crédibilité parce qu’elles ne sacrifient pas au sacro-saint protocole du « scientifiquement correct ! » Que faut-il retenir de tout cela ? Curieusement, l’ensemble de ces réponses ont des points communs, elles sont tirées de la « Mère Nature », de ce qu’elle nous offre si généreusement, ensuite elles suscitent la méfiance, elles laissent le grand nombre dubitatif, enfin elles nous viennent pour l’essentiel de l’Afrique, berceau de l’humanité !

Que deviendra l’Afrique après cette pandémie ? Quelle sera sa contribution ? Avec sa nature généreuse, ne pourrait-elle pas servir de rempart à l’humanité n’en déplaise aux lobbies pharmaceutiques qui avec leurs vaccins veulent enfoncer, inhiber encore et encore l’Afrique pour des enjeux purement financiers ? Tout ce que l’on peut présumer dans un premier temps, c’est que, l’Afrique pourrait, avec la marque du génie qui la caractérise, faire émerger sa réponse et marquer la différence par son savoir-être et son savoir-faire, au service de la vie et de sa défense, elle qui l’a abritée à ses débuts. Toujours est-il que, l’orientation de notre continent ne devrait pas consister dans l’appât du gain et la course effrénée à l’argent.

Le triomphe de la mondialisation donne les signes d’essoufflement, et semble faire signe vers l’instauration du règne de Dieu seul, du surgissement d’une communauté humaine unie et solidaire dans l’épreuve comme dans la réussite, où les hommes, au sein d’une nature apaisée et oxygénée pourront, ensemble, combattre l’ennemi commun, et œuvreront en vue de la fraternité entre tous les peuples laquelle servira de fondement à l’égalité. C’est seulement à la faveur de ces éléments que le monde connaîtra la stabilité et la paix.

C’est là l’interpellation. La santé est rendue honteusement mercantile. L’histoire semble ressusciter d’anciens modes de relation. Le commerce triangulaire serait-il revisité ?Malgré le nouveau visage qu’il se donne, les enjeux ne sont-ils pas en définitive les mêmes ? Pour faire toujours plus de profit ne continue-t-on pas à puiser sans retenue dans les ressources naturelles du continent africain, et que lui offre-t-on en retour ? Une caricature de progrès qui ne profite qu’à une certaine élite, une dette insoutenable, des médicaments avec des effets secondaires à donner le tournis, l’instabilité sociale, la pauvreté endémique, et on en passe…

  • L’Afrique doit passer outre ces conditions avilissantes et se diriger vers une réflexion sérieuse, généreuse, innovante et créative pour s’en sortir, grâce au recours à son savoir-faire à mettre au service de la VIE POUR TOUS. L’Afrique se doit de relever ce défi pour changer la donne. Les enfants de l’Afrique ont montré à l’occasion de cette pandémie qu’ils peuvent changer l’ordre du monde et cet avènement est souhaitable non seulement pour elle-même et pour ses enfants, mais pour le monde. La nature généreuse de la terre africaine offre des possibilités insoupçonnées pour les soins aux malades, pour la bonne santé mondiale. La pandémie a contribué à lever le voile sur de telles opportunités. Ainsi peut-on noter :

  • L’expérience concrète des frères de l’abbaye bénédictin de Keur Moussa et des religieuses de l’Immaculée Conception au Mont-Roland avec un éventail de produits dérivés de Artémésia, sous forme de gélules, pommades, sirops, savons, tisanes,

  • Les produits élaborés par l’Académétier (l’Académie des métiers à Dakar) wounté, Nature Merveille Notre-Dame de la Bonne Santé.

  • L’application du protocole du Professeur Didier Raoult« l’Africain » par le Professeur sénégalais Moussa SEYDI, avec des résultats probants.

  • La mise en place d’un traitement à base de plantes médicinales au Cameroun par l’’archevêque de Douala Monseigneur Samuel KLEDA,

  • L’élaboration du Covid-Organics à Madagascar,

  • Le succès du traitement du paludisme par l’artémisia mis en place par le médecin congolais (de la RDC) le docteur Jérôme MUNYANGI.

  • Le traitement à l’apivirine mis au point par le médecin chercheur béninois Valentin AGON, ayant aussi travaillé au Burkina Faso.

Tout cela montre à quel point l’Afrique peut renverser la situation actuelle en exploitant à fond les plantes de son milieu naturel et élaborer des produits, dans le souci d’une santé à la portée de tous et qui respecte l’organisme humain, merveilleux don de Dieu !

Or, l’on a prédit une mortalité très élevée des Africains, due au Covid-19, qui devraient se préparer au pire car les systèmes sanitaires du continent se révèlent médiocres. De telles prédictions ne se sont pas vérifiées pour l’heure, suscitant la stupéfaction, et tout cela pourrait se confirmer dans la mesure où nous saurons rester fidèles à notre génie propre, qui en chaque circonstance nouvelle saura se montrer créatif et innovateur pour trouver des solutions dans le respect de la nature et de toutes les créatures.

Demain, l’Afrique pourra développer davantage sa pharmacopée inscrite dans une démarche qui se différencie fondamentalement de l’approche analytique et ciblée de l’industrie pharmaceutique. Cette dernière, partant des propriétés contenues dans les plantes, en isole le principe actif choisi pour soigner une pathologie précise, dont elle reproduit chimiquement la molécule de synthèse.

La pharmacopée africaine, au contraire, adopte une démarche holistique, resituant l’individu à la fois dans la communauté humaine, le macrocosme naturel, et saisissant de la même façon le microcosme humain comme un tout, renvoyant à la fois au corps biologique tout autant qu’à la dimension spirituelle comme à l’exigence d’harmonie de l’ensemble. Dans sa démarche, elle intègre le fait que la pathologie affecte, certes, un organe, mais aussi le fonctionnement normal de l’ensemble du corps ainsi que la relation de l’humain à son environnement. Aussi, cherche-t-elle non seulement à soigner un mal spécifique, se manifestant par des symptômes déterminés, mais à restaurer l’équilibre et l’harmonie de l’ensemble.

Une telle démarche, qui procède du regard particulier que l’Afrique porte sur le monde, sur la nature, et sur l’homme partie intégrante de cette nature, dont elle a gardé souvenir de son apparition, de sa fragilité première, de son interdépendance avec la nature environnante, est peut-être ce qu’il faut considérer comme une richesse du patrimoine africain. Dans une telle conception, elle saisit l’homme dans son rapport vital à la nature, et l’harmonie de cette relation à la nature constitue simultanément le point de départ et la finalité censés en réguler les modalités. Une telle conception a été perdue de vue dans le développement de l’idéologie prométhéenne de la nature, ne gardant qu’une perspective d’exploitation utilitaire de la nature, obnubilée par l’avoir au détriment de l’être. Or, le déploiement de l’être nécessite le développement de relations complexes de réciprocité et d’interdépendance, lesquelles augurent d’une démarche d’intégration dans laquelle chacun trouve sa place et sa fonction, dans le respect et la célébration de l’unité.

La pandémie du coronavirus va-t-elle nous le rappeler enfin ? L’essor de l’humanité ne saurait se faire contre la nature continuellement agressée, mais grâce à elle et en harmonie avec elle, leur destinée étant commune. Là se trouve le secret dont l’Afrique garde encore la mémoire et le respect et dont, au nom du développement, on la somme de se détourner et d’abandonner comme désuète. Ce serait sans doute sacrifier la complémentarité des êtres sur l’autel de l’étrangeté (d’étranger), dans laquelle à force de ne regarder que l’utilité on en perd de vue l’essence et la complexité, regard forcément réducteur et appauvrissant.

Demain, l’Afrique à la démographie galopante, avec sa population nombreuse et qui se renouvelle en symbiose avec la nature, saura-t-elle rappeler avec assez force au reste du monde de telles vérités ? Que le moment est peut-être venu de changer le regard sur l’autre et sur la nature ? Qu’il nous faut développer la résilience grâce à une telle attitude, et l’aptitude à nous adapter et à rebondir ? Elle tient et résiste l’Afrique, au paludisme, à Ebola, malgré la famine et la pauvreté devenues endémiques en partie à cause des ruptures introduites dans son rapport à l’environnement. Qu’a-t-elle à nous dire sur la sortie de cette pandémie ? Sur les lendemains post Covid-19 ? Qu’en aurons-nous appris sur la manière de faire face à une éventuelle soudaine catastrophe ?

Dans le sens du travail collaboratif, l’Afrique, dans son rapport et son respect quasi religieux de la nature, pourra s’affranchir du joug de « l’autre », être une référence, un socle de réveil spirituel, humain et économique pour le monde. Elle pourra faire surgir, en se recentrant sur l’essentiel, l’avenir dans lequel ses enfants pourront relever le défi de l’être-avec, entre eux et avec l’environnement, de manière à inventer sa voie, en accord avec ses valeurs séculaires, préparant un monde nouveau, inclusif et en harmonie avec la nature environnante, comme alliée de notre santé et de notre bien-être intégral. Ce sera le défi de l’éducation et de l’enseignement pour le renouveau tant souhaité et appelé de tous nos vœux pour l’Afrique et, pour le monde peut-être, grâce à son concours.

Sœur Gilles Aimée CISSE

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