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Sénégal
14 août 2022
ACTUALITE Internationale Nationale VIE CHRETIENNE

Oui, le catholique peut manger la viande de la Tabaski ! (Par Fr Pierre-Marie Niang, o.p)

Un catholique peut-il manger la viande de la Tabaski ? On pourrait légitimement se demander : mais pourquoi cette question ? Parce que la réponse va de soi et qu’elle est tellement évidente. Du moins, pour des gens comme nous qui en ont mangé et qui à coup sûr continuerons d’en manger de plus bel.

Seulement, dans le contexte qui est le nôtre, marqué par l’ère de l’interprétation de la Parole de Dieu sans aucun discernement, certains « illuminés » voire « extrémistes » soutiennent qu’il ne faut pas en manger.

Pour ne pas aller chercher loin, le principal argument évangélique de ces derniers est à lire dans 1 Co 8. Il est clair que seul une fausse interprétation de ce verset peut donner à certains l’impertinence de l’appliquer à la Tabaski. Car, il ne peut en aucun cas (ce verset) s’appliquer à elle.

Nous osons donc l’affirmer pour lever toute ambiguïté et toute équivoque : oui, le catholique peut bel et bien manger la viande de la Tabaski. Nous n’irons pas jusqu’à dire que le refuser, c’est un péché. Mais nous sommes en mesure d’affirmer, que refuser la viande de la Tabaski de notre parent et voisin musulman, c’est participer à la déconstruction, voire à la mise à mort de notre « vivre ensemble ».

En effet, le partage de la viande de mouton est surtout un geste de célébration de notre « vivre-ensemble » dans la paix et dans la solidarité. C’est un acte de reconnaissance que ce qui nous unit (citoyens d’un même pays, parents, frères, sœurs, amis, etc.) est plus fort que ce qui nous sépare (la religion). Et pour ne pas être de ceux par qui le scandale de la division arrivera, il nous faut travailler de toute notre force à renforcer notre « vivre-ensemble » dans la « cordialité sociale » pour reprendre Abdoul Azize Kébé. Et le renforcement de ce « vivre ensemble » passe par des gestes comme celui du partage de la viande de mouton, tout comme nous l’avons fait pour le « ngalakh » il y a de cela quelques mois.

C’est dire que, notre commun vouloir de vivre-ensemble ne peut qu’être renforcé par le geste de partage et d’invitation à se réjouir avec nos frères et sœurs musulmans (Rm 12, 15).

Puissions-nous alors continuer à vivre dans la paix, la solidarité et le respect mutuel pour un Sénégal de paix et de solidarité dans la diversité culturelle et le pluralisme religieux.

Deweneti et bonne fête de Tabaski!

Frère Pierre-Marie Niang, o.p.

Licencié en Philosophie

Doctorant en Théologie

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