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Sénégal
15 janvier 2021
FidesPost
ACTUALITE Nationale

Mon hommage au Frère Henry Biram Ndong (Par Abbé Aloyse Sène)

Non! La mort n’est pas la fin de tout. Ce n’est pas un arrêt de la vie. C’est plutôt le commencement de la vraie vie, de la vie en plénitude. Quelles perspectives cette assurance ne nous offre-t-elle pas ? Mais aussi : dans quelle mesure cette pensée occupe-t-elle notre esprit ? C’est pourtant cette perspective qui donne un sens au passé et à nos souvenirs. Saint Paul l’affirme avec vigueur : « Si nous avons mis notre espoir dans le Christ pour cette vie seulement, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes. » (1 Co 15, 19).

« Prophétise. Tu leur diras : (…) Voici que j’ouvre vos tombeaux; je vais vous faire remonter de vos tombeaux » (Ez 37, 12). Ces paroles du prophète Ezéchiel résonnent comme des temps d’espérance. Elles résonnent en mon cœur, alors que nous rendons hommage à notre frère bien-aimé, Henry Biram NDONG, arrivé au terme de son parcours terrestre le samedi 09 janvier 2021. Au peuple opprimé et découragé, rompu par les souffrances de l’exil, le Seigneur annonce la restauration d’Israël. C’est une scène grandiose, que celle évoquée par le prophète, qui annonce par avance l’intervention décisive de Dieu dans l’histoire des hommes, intervention qui dépasse ce qui est humainement possible.

Quand on se sent fatigué, impuissant et découragé devant la réalité menaçante et surprenante, quand on est tenté de céder à la déception voire au désespoir, quand l’homme est réduit à une accumulation « d’os desséchés », c’est alors le moment de l’espérance « contre toute espérance » (cf. Rm 4, 18). Oui la vérité, que Dieu rappelle avec puissance, est que rien ni personne, pas même la mort, ne peut résister à la toute-puissance de son  amour  fidèle et miséricordieux. Ainsi est notre foi, basée sur la résurrection du Christ; c’est l’assurance réconfortante que le Seigneur nous répète également aujourd’hui: « Vous saurez que je suis Yahvé, lorsque j’ouvrirai vos tombeaux et que je vous ferai remonter de vos tombeaux, mon peuple. Je mettrai mon esprit en vous et vous vivrez » (Ez 37, 13-14).

C’est dans cette perspective de foi et d’espérance dans la résurrection que je fais mémoire de toi Biram NDONG, fidèle et dévoué serviteur de l’Eglise pendant de longues années. Il est difficile de résumer en quelques mots les fonctions, les tâches et les charges pastorales qui, s’étant succédé rapidement, ont caractérisé les étapes de ton existence terrestre qui s’est conclue, à l’âge de soixante (60) ans. Tu as voulu te dévouer jusqu’à la fin avec une disponibilité chaleureuse au service de Dieu et de tes sœurs et frères, en conservant ta foi. Ta personnalité, humaine et religieuse, constituait une merveilleuse synthèse des caractéristiques de l’âme sereer-senghorienne avec celles propres à l’esprit chrétien, de la culture et de l’identité sereer et des valeurs évangéliques.

Tu as assumé de très hautes responsabilités dans l’édification de la jeunesse et de l’école sénégalaise, et tu les as toujours tenues avec ton propre style humble et simple, dont le secret est probablement à rechercher dans ces sages paroles que tu répétais à chaque fois que de besoin:  « N’oublions pas d’où nous venons ».

De nombreux souvenirs personnels me lient à toi, à compter justement de quand nous reçûmes ensemble la grâce, l’un (moi) d’être l’élève et l’autre (toi) le professeur, au collège Saint Gabriel de Thiès, il y a bien trente (30) ans. Le temps a raffermi les liens, a mûri les cœurs et des sillons d’amour ont été creusés dans le champ du Seigneur, main dans la main. Quelle belle aventure !

Ton passage à Kaolack, comme DIDEC, nous a permis de collaborer ensemble, et nous avons eu des contacts fréquents, qui m’ont permis d’apprécier toujours plus ta prudente sagesse, ta belle et esquisse rhétorique, comme ta foi solide et ton sincère attachement au Christ et à la hiérarchie (tes différents supérieurs), à quelque niveau que ce soit.

Quarante (40) ans de vie religieuse, à Dakar, à Thiès, en France, à Kaolack, au Canada, à Fatick : voilà la synthèse d’une vie passée au service de l’Eglise.

En parcourant, même rapidement, la biographie du Fr. Henry B. NDONG qui, en plus des charges que nous lui connaissons, eut à offrir sa contribution dans bien d’autres cadres de recherche et de concertation, l’affirmation de saint Paul me vient en mémoire: « La vie c’est le Christ et mourir représente un gain » (Ph 1, 21). L’apôtre lit sa propre existence à la lumière du message du Christ, parce qu’il a totalement été « saisi par le Christ » (cf. Ph 3, 12). Nous pouvons également dire que notre ami et frère Biram NDONG, fut imprégné par l’amour du Christ; un amour généreux qui le rendait aimable et disponible à l’écoute et au dialogue avec tous; un amour qui le poussait à regarder toujours, à l’essentiel de la vie qui dure, sans se perdre dans les contingences qui au contraire passent rapidement; un amour et une générosité qui lui faisaient ressentir son rôle dans les différentes responsabilités comme un service exempt d’ambitions humaines.

Parmi bien d’autres choses, sans doute, il reste à préciser ceci : la gloire de Dieu ou le royaume de Dieu, ce sont deux expressions équivalentes évidemment. Mais pour beaucoup d’entre nous, que ce soit l’une ou l’autre de ces expressions, c’est du charabia. Le royaume de Dieu n’a rien à voir avec un compte de Mille et Une Nuits, ni sa gloire avec un feu d’artifice olympique. La gloire de Dieu c’est son poids d’amour, de même que la gloire d’un homme, c’est aussi, au fond, son poids d’amour. Toute la différence entre la gloire de Dieu et la gloire humaine, c’est la différence de l’amour. L’amour humain est un amour limité, car blessé, et vite éteint. L’amour de Dieu, c’est un amour que même la mort ne peut pas éteindre, un amour éternel et infini. La grâce d’être chrétien, c’est de nous permettre de faire nôtre l’amour de Dieu et de rayonner la gloire de la croix. Biram, tu as semé l’amour et la joie de vivre.

Monfortain, tu étais pour nous et tu le resteras pour Dieu.

Que la Sainte Vierge te remette entre les mains miséricordieuses du Père céleste et t’introduise avec joie dans la « Maison du Seigneur », vers laquelle nous nous acheminons tous.

Que, dans ta rencontre avec le Christ, tu implores pour nous, et particulièrement pour l’Education, ta bien-aimée, le don de la paix. Amen!

Abbé Aloyse SENE

Vicaire judiciaire et Chancelier

Diocèse de Thiès

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