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19 juin 2021
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Métiers de la Santé (2) : la contribution essentielle et irremplaçable des femmes médecins (Par Léonie Sarr, théologienne)

Dans son intervention à l’occasion de la conférence de Ramadan organisée par l’Association des Femmes Médecins du Sénégal, le 8 mai 2021, Léonie Sarr, théologienne, a soutenu que la femme est plus disposé que l’homme à exercer les métier de la santé. Fidespost qui vous propose l’intégralité de sa communication, publie aujourd’hui la deuxième partie de son exposé sur la grâce d’être médecin.

Après cet aperçu de ce que dit la Bible de la Femme, voyons maintenant ce qu’Elle nous apprend sur la médecine.

Avant tout, disons rapidement un mot sur le travail. Il relève d’un commandement divin, qui s’adresse à l’homme comme à la femme, tout de suite après leur création. En effet, Dieu les bénit et leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre et soumettez-la (Gn1, 26a). Le travail est noble. Il est en vue de l’épanouissement du travailleur, du service de la société et de l’achèvement de la création. La pénibilité du travail et l’exploitation qui peuvent malheureusement en découler sont à imputer au péché.

Ceci dit, la Bible n’ignore pas les réalités de la maladie et la désigne par plusieurs termes :

  • ḥŏli qui signifie maladie, souffrance, et qui revient 24 fois dans l’Ancien Testament.
  • maḥalâ est employé 7 fois dans l’Ancien Testament.
  • taḥaluʾîm a 5 occurrences vétérotestamentaires.

Excepté Saint Luc, auteur du 3ème évangile et des Actes des Apôtres, aucun autre nom de médecin n’est mentionné dans la Bible. Le livre de l’Exode cite de manière élogieuse deux accoucheuses Shiphra et Pua[1]. Cet anonymat ne signifie nullement un mépris des professions de la santé ; bien au contraire, car c’est plutôt Dieu qui est regardé par la Bible comme le Médecin par excellence, au point qu’un des noms divins est ʾel rāfāʾ, Dieu-qui-guérit.

C’est ce qui justifie la remarque de Paul Humbert : On peut dire qu’en Israël, le médecin divin a éclipsé le guérisseur humain : YHWH était le suprême guérisseur[2]. Le Psaume 103, 3 parlant de Dieu, dit Lui qui pardonne toutes tes fautes, qui te guérit de toute maladie. Le pouvoir de guérir, appartient à Dieu seul, qui le transmet aux prophètes (Moïse en particulier) et aux prêtres.

Le Siracide fait, en  son chapitre 38, un éloge au médecin :

  1. Au médecin, rends les honneurs qui lui sont dus,

En considération de ses services,

  1. Car lui aussi, c’est le Seigneur qui l’a créé.

C’est en effet du Très-Haut que vient la guérison,

Comme un cadeau qu’on reçoit du roi.

  1. La science du médecin lui fait porter la tête haute,

Il fait l’admiration des grands.

  1. Le Seigneur fait sortir de terre les simples,

L’homme sensé ne les méprise pas.

  1. N’est-ce pas une baguette de bois qui rendit l’eau douce,

Manifestant ainsi sa vertu ?

  1. C’est Lui aussi qui donne aux hommes la science

Pour qu’ils se glorifient de ses œuvres puissantes.

  1. Il en fait usage pour soigner et soulager ;

Le pharmacien en fait des mixtures.

  1. Et ainsi ses œuvres n’ont pas de fin

Et par lui le bien-être se répand sur la terre.

  1. Mon fils, quand tu es malade, ne te révolte pas,

Mais prie le Seigneur et il te guérira.

  • Renonce à tes fautes, garde tes mains nettes,

De tout péché, purifie ton cœur.

  • Offre de l’encens et un mémorial de fleur de farine

Et fais de riches offrandes selon tes moyens.

  • Puis, aie recours au médecin,

car le Seigneur l’a créé, lui aussi,

Ne l’écarte pas car tu as besoin de lui.

  • Il y a des cas où la santé est entre leurs mains.
  • A leur tour en effet ils prieront le Seigneur

Qu’Il leur accorde la faveur d’un soulagement

Et la guérison pour te sauver la vie.

  • Celui qui pèche aux yeux de son Créateur,

Qu’il tombe au pouvoir du médecin.

Siracide demande donc au malade comme au médecin (rōfeʾ) de se référer à ʾel rāfāʾ par la prière. Tous deux ont un savoir :

  • Le malade a l’expérience de la maladie.
  • Le médecin a l’expertise de la maladie.

Ces deux savoirs doivent se conjuguer avec une confiance mutuelle, et aussi la foi en Dieu-qui-guérit.

Si nous considérons toutes les significations du verbe rāfāʾ, le médecin ne devrait pas s’intéresser uniquement au corps de son patient. En plus de guérir rāfāʾ, signifie aussi consoler. En effet, si l’homme est à la fois corps, âme et esprit, on ne peut pas ne pas chercher, en le guérissant, à prendre en compte toutes les dimensions de son être.

Le bon médecin n’est donc pas qu’un expert et un technicien d’une spécialité donnée. Il est aussi un accueillant, un écoutant, un aimant tout simplement. Et c’est justement là, la contribution essentielle et irremplaçable des femmes médecins, surtout si elles sont croyantes ! La troisième partie de cette réflexion nous dira pourquoi.

[1] Cf. Ex 1, 15-20 : Ces deux accoucheuses, par crainte de Dieu, contrevinrent à l’ordre du Pharaon de faire mourir les garçons qui naitraient des femmes des Hébreux.

[2] Paul Humbert, « maladie et médecine dans l’Ancien Testament », in Revue d’Histoire et de Philosophie religieuses, 1964, 44ème année, n° 1.

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