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21 janvier 2022
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Ma petite prière pour Mgr Aupetit et la Fille aînée de l’Église (Par Emmanuel Diédhiou)

Mgr Aupetit s’en va ? Quel dommage ! Quelle tristesse, après une octave si douloureuse pour un prélat de cette dimension ! Mon Dieu, que nous arrive-t-il ?

Son style et sa silhouette imposante rappellent à bien des égards l’urbanité exquise de l’académicien Aron Jean-Marie Cardinal Lustiger, autre icône de l’Église de France, ancien Archevêque de Paris, rappelé à Dieu en 2007.

Jean-Paul II parlait de cette France comme de la « fille aînée de l’Église », de sorte que ce serait une grave erreur que de considérer que ce qui se joue en son sein actuellement, suite au rapport Sauvé, est un épiphénomène !

À coup sûr,  les éclaboussures d’une telle crise déborderont forcément les frontières de la Seine pour impacter profondément notre rapport à l’Institution-Eglise.

Il nous faut certainement, et dès à présent, rester attentifs aux motivations profondes des uns et des autres, pour ne pas que les condamnations hâtives des anticléricaux et franc-maçons déchaînés, l’indignation légitime des familles atteintes dans leur chair par certaines abominations et le repentir sincère des milliers de victimes innocentes ou mis en cause ne nous amènent à vite jeter la première pierre sur tel ou tel clerc ou consacré…

L’homme, le prêtre en particulier, est infiniment plus que la somme de ses œuvres ; il est une histoire sacrée,  un oint dont la dignité inaliénable est sans cesse à connecter à la miséricorde infinie de Dieu, Lui qui appelle qui il veut à ce ministère particulier et sacré sans lequel nous ne parlerions pas d’Église comme corps mystique du Christ.

Comment, sous ce rapport, ne pas prier instamment pour Mgr Aupetit et son diocèse, et retenir la finale de son message aux parisiens, si charnel dans sa forme comme dans son contenu, comme un viatique pour continuer la route, malgré le tumulte des accusations grossières et graves qui s’amoncellent aux prétoires aménagés par les censeurs publics !

Des crises, l’Église en a connu et elle en connaîtra.

En demandant à la Commission dirigée par Sauvé de fouiller dans ses entrailles pour extirper tout ce qui pourrait alourdir sa marche vers plus de vérité et d’authenticité dans son témoignage au long des âges,  les Évêques de France étaient loin d’ignorer le séisme que les conclusions dudit rapport allait provoquer à la face du monde.

On dissimule difficilement sa honte quand on apprend que pendant ces 50 dernières années, tout n’a pas été « catholique » dans certains cercles de l’Église de France ! Pour dire le moins…

On connaît l’appétence de nos contemporains et des médias à scandale en particulier pour ces questions d’éthique et de morale sexuelle que le Pape et l’Église abordent avec circonspection, par fidélité à la Tradition.

Mais à y regarder de très près,  tout laisse croire que quelque chose de salvateur se joue au cœur de notre Église, si et seulement si nous osons voir la vérité en face, panser nos blessures profondes et décoder le sens profond de ces balafres fétides sur une Église de France qui appelle urgemment notre prière et notre solidarité agissante.

Il est clair, en effet, que ce qui secoue l’Église de France ne peut laisser indifférentes les églises sœurs. Une herméneutique silencieuse des signes apparents ou diffus de cette « responsabilité institutionnelle  » que ses pasteurs assument avec courage et espérance peut effectivement être féconde et prophétique pour l’Eglise universelle.

De Lourdes, la cité mariale où ils se sont retrouvés, ils nous ont partagé leur peine et surtout leur foi de pasteurs en l’Église, eux qui ont pour mission particulière d’enseigner, de sanctifier et de gouverner le peuple de Dieu.

Nous les savons atteints et leurs cœurs de pasteurs saignent pour tant de blessures infligées à des êtres fragiles et vulnérables.

Mais nous pouvons aussi deviner que leur espérance,  tel le noyau d’une centrale nucléaire, tient et s’affermit là où la Miséricorde de Dieu et la tendresse de Marie, Mère des consacrés, s’accomplissent.

Pour l’heure, veillons et prions avec la conviction que l’Esprit est à l’œuvre au cœur de son Église sainte, catholique et apostolique…

Hier, aujourd’hui et à jamais nous croyons fermement et de manière résolue en l’Église, même ballottée par des vents contraires ou attaquée par ceux qui peinent à l’entendre proclamer les Béatitudes dans un monde de plus en plus sécularisé.

Emmanuel DIEDHIOU

1 commentaire

Jean Bintha 3 décembre 2021 at 11 h 42 min

Que l’Esprit Saint nous éclaire dans nos pensées et que souffle un vent nouveau dans nos vies.

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