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Sénégal
25 novembre 2020
FidesPost
ACTUALITE CONTRIBUTION Nationale

Le trottoir, voie réservée aux piétons, relevant du domaine public routier, fait-il partie du domaine militaire du Camp Leclerc ? (Par Maître Ndione Joseph Étienne)

Je ne réagis pas et ne prêche point pour ma chapelle même si, du fait de l’espace occupé par les militaires, je n’ai plus de « parking ». D’ailleurs, j’ai pu régler mon problème en stationnant ailleurs. Que cela pose l’épineux et le lancinant problème de l’absence d’espaces aménagés dédiés aux véhicules ou parkings dans nos quartiers surtout, pour ceux qui entendent respecter les interdictions de stationnement et sont même disposés à payer. Qu’offre-t-on comme alternatives à ces automobilistes ? Rien ! Absolument, rien ! Sinon, l’immobilisation de la voiture (sabot) ou l’enlèvement et la mise en fourrière.

Je ne saurai toutefois, parce que j’ai vu mon problème réglé, me taire. Se taire ou ne pas dire, haut et fort, ce que je pense, aurait été silence coupable voire « infraction ». Oui, cela serait constitutif, me concernant, du « délit », impardonnable, « de non dénonciation d’un fait dangereux ou de mise en danger de la vie d’autrui » ou à tout le moins, « de non assistance à personne en danger », pardon, à voisins, riverains et piétons, en danger. Rien, ne saurait en effet expliquer, même si l’on n’est à proximité d’un domaine militaire, les travaux effectués par les militaires, début Octobre 2020, jusqu’à occuper TOUT (je le souligne) le trottoir (je dis et ai bien écrit TROTTOIR) de la route passant devant le camp Leclerc. Des barrières, sous forme de piquets en fer, sont installées, sur plus d’un kilomètre, de la caserne du 2ème Groupement de la Légion de Gendarmerie d’Intervention (LGI) non loin de l’immeuble dit « Ferdinand COLY » au Camp militaire (DPSA BATSPORTS MPFA) récemment baptisé au nom de Général Idrissa FALL, un des plus grand Chef d’Etat Major Général des Forces Armées ou CEMGA. De plus, et cela saute aux yeux, il suffit de passer du côté du camp LECLERC pour voir que le paysage a été complètement défiguré, avec les barrières posées tout le long de la route. Ce n’est ni plus ni moins une occupation par la force du trottoir.

La LOI 2004-13 DU 19 JANVIER 2004 FIXANT LES REGLES D’APPLICATION DE LA LOI N° 2002-30 DU 24 DECEMBRE 2002 DU CODE LA ROUTE DU SÉNÉGAL (PARTIE RÉGLEMENTAIRE) passe par la notion d’accotement pour définir le trottoir. Et d’après la loi précitée, l’accotement désigne « les bandes de terrains aménagées longeant chaque côté de la chaussée et servant spécialement à la circulation des piétons, des animaux et au stationnement des véhicules. Et le texte de préciser que « l’accotement surélevé par rapport au niveau de la chaussée, délimité ou non par une bordure porte le nom de trottoir. »

Au fait, qu’est-ce un trottoir ? Dans le dictionnaire « LAROUSSE », le trottoir est présenté comme « la partie latérale sur les côtés d’une rue, surélevée par rapport à la chaussée, réservée à la circulation des piétons ».

En attendant que les riverains et non moins citoyens soient informés des raisons profondes qui justifient ces travaux, je peux avancer, que le désir de mettre fin au stationnement des voitures des riverains et travailleurs (dont les entreprises sont situées à côté) combiné à des impératifs de sécurité y sont certainement pour quelque chose. Concédons-le aux militaires ! Au demeurant, rien, ne saurait ou ne pourrait légitimer cette pose de piquets ou potelets SUR LE TROTTOIR comme défini supra. Piquets qui constituent, à n’en pas douter, un réel danger pour tous.

On ne règle pas un problème de sécurité, si tel est l’objectif visé, en créant l’insécurité ou de l’insécurité. Il n’est pas nécessaire d’être un ingénieur spécialiste des routes ou des transports pour savoir que la situation, née de ces travaux, est plus que dangereuse. Chaque heure, chaque minute, compte !

Certains piétons (un grand nombre pour ne pas dire un grand très nombre) sont aujourd’hui obligés d’emprunter la même voie ou le même sens de marche (le trottoir longeant les maisons et entreprises sur la gauche, sens rond-point Liberté 6-Vdn ou par la droite en sens inverse) alors qu’en matière de circulation, il est toujours demandé de marcher en ayant les voitures en face, autrement dit, de marcher à gauche. D’ailleurs, un encombrement humain commence à se créer, tous les piétons étant contraints d’emprunter le même trottoir. Le seul, qui reste.

Je ne peux vraiment pas croire, même exonérés

d’autorisation pour faire des travaux, que les militaires aient préalablement requis et obtenus les avis ou conseils objectifs et sans complaisance des techniciens du ministère chargés des routes et/ou des responsables de la mairie chargés de la voirie.

Outre le nouveau visage inesthétique ou hideux créé (le beau est naturel, on ne le force en mélangeant du rouge et du blanc), ces travaux exposent la vie des personnes sans manquer d’entraîner des difficultés d’ordre pratique dans le quotidien des riverains, piétons et conducteurs. En effet, comment monteront-ils ou comment feront-ils, tous ceux qui veulent prendre un taxi venant du Rond-point Liberté 6 ? Il faudra que les militaires nous le disent !

A titre d’exemple, le taximan qui voudra prendre un client, n’aura d’autre alternative, puisque ne pouvant se rabattre sur sa droite du fait des potelets, que de s’arrêter au beau milieu de la chaussée ou d’occuper une bonne partie de la route obligeant de la sorte les voitures qui suivent à s’arrêter. Ce qui aura pour conséquence immédiate de gêner les véhicules venant en sens inverse avec les risques accrus d’accidents. Que cela est d’autant plus vrai que c’est une voie très fréquentée non seulement par les voitures (particuliers, taxis et clandos) mais aussi, empruntée à longueur de journée par les nombreux étudiants d’écoles et d’instituts sis à côté.

Comment feront-elles pour traverser, surtout qu’entre deux potelets il est placé une chaîne ou collier, les femmes et personnes âgées qui emprunteront le « trottoir » (ou ce qui en reste) dans le sens ou du côté où sont installées les barrières ? Devront-elles enjamber ou franchir la barrière avec les risques élevés de chute sur la chaussée ? Combien d’entre elles pourront-elles escalader (et le mot n’est pas exagéré) l’obstacle-barrière, tellement la chaîne est haut placée ? Devront-elles alors, pour ne prendre ou courir aucun risque de chute, continuer leur chemin, sur plusieurs mètres, jusqu’à la porte de l’un des deux camps là, où seuls des points de passages ont été prévus ou ouverts ?

Dans cette attente, il urge de réfléchir sur l’opportunité et la pertinence de ces travaux notamment leurs impacts sur les populations et de prendre les mesures nécessaires afin que (sans encore fois, jamais perdre de vue l’aspect sécuritaire militaire) la sécurité du citoyen usager de la route, riverain ou piéton. ne soit pas ignorée.

Me NDIONE JOSEPH ETIENNE

AVOCAT A LA COUR

191 LIBERTE VI EXTENSION

RIVERAIN

1 commentaire

Grâce 16 novembre 2020 at 17 h 58 min

Daccord avec vous Me Ndione car nul ne doit être au dessus de la loi
Pas même les “hommes de loi “

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