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25 mai 2022
ACTUALITE CONTRIBUTION EGLISE UNIVERSELLE Nationale VIE CHRETIENNE

Le Baptême ou le Vêtement d’incorruptibilité (Par Emmanuel Diédhiou)

Une tradition bien établie, qui remonte aux premières lueurs de l’ère chrétienne, avec les prolifiques Pères de l’Eglise, définit le carême comme un temps privilégié pour accompagner d’une catéchèse sui generis les catéchumènes qui recevront le baptême à la vigile pascale.

L’Eglise se réjouit, dans cette perspective joyeuse, d’instruire ses enfants, de les préparer à entrer dans une dynamique nouvelle, grâce à la rencontre personnelle et communautaire avec le Christ mort et ressuscité. Et l’on comprend alors que dans les familles et les communautés paroissiales l’on prépare cet événement avec le plus grand soin, step by step, comme diraient les anglo-saxons.

Cette tension catéchuménale, qui culmine à la grande nuit pascale, revêt, en ce temps de carême, une symbolique toute particulière dont il convient de saisir la portée christique afin de distinguer le pas décisif des candidats au baptême de la veillée pascale de tout prosélytisme religieux. L’Eglise n’a que faire des statistiques mirobolantes, éblouissantes et fades, rapportées à la symbolique évangélique de la lumière et du sel ! Que nous soyons plus ou moins, 05% importe peu !

L’Eglise est mère, et, au long des âges, elle accueille avec tendresse ceux et celles qui viennent à elle, tels des captifs libérés de la servitude du péché, avec la claire conscience d’appartenir désormais au christ et à son Eglise, pour l’éternité. Ceux-là sont, par le baptême, configurés au Christ de manière indélébile. Comme on le voit, il peut être bien réducteur d’appréhender le baptême comme le simple signe juridique et sacral de l’insertion dans l’Eglise du Christ, bon pour faire tenir des registres ou produire des statistiques.

Le baptême est fondamentalement sacrement de la foi en Dieu-Trinité, institué par le Christ lui-même, lui qui fut baptisé dans les eaux du Jourdain par Jean le Baptiste, se rendant ainsi solidaire de notre humanité pécheresse. « Allez de toutes les nations, disait-il à ses apôtres, faites des disciples, baptisez-les au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, apprenez-les à garder tout ce que je vous ai prescrit, et, moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps » Mt 28/19.

Par ce rite de l’eau qu’une parole accompagne, le chrétien est plongé dans la passion et la mort du Christ pour revêtir, par sa résurrection, une vie nouvelle, celle des rachetés qui chantent en Eglise, comme à Pâques, l’histoire de leur libération définitive. Aussi, le baptême est-il appelé le premier des trois sacrements de l’initiation chrétienne, avec la Confirmation et l’Eucharistie, c’est-à-dire le porche de la vie dans l’Esprit qui ouvre aux sept (07) autres sacrements.

Voilà pourquoi, avant de le recevoir, le catéchumène doit suivre une instruction sérieuse et approfondie, pour qu’il découvre non seulement l’éclat et la beauté du sacrement auquel il aspire de tout son être, mais aussi pour qu’il comprenne et vive les exigences pratiques d’un tel engagement, dans l’Eglise et dans la société. Au Sénégal, trois (03) ans minimums de catéchèse sont souvent requis pour recevoir le baptême, si les conditions clairement définies dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) sont remplies, en présence du peuple de Dieu, qui se réjouit de voir la tente des baptisés s’enrichir de nouveaux élus.

En réalité, n’est pas chrétien qui veut, quand il veut, comme il veut ! Ce vêtement d’incorruptibilité, selon la belle formule de Saint Grégoire de Nazianze, n’est pas une camisole de fortune que le néophyte porterait au gré de ses humeurs et suivant les contingences du moment. Il convient, par conséquent, de le rappeler en ce temps béni de carême, où la pédagogie et sainte Eglise nous invite à revisiter la qualité de notre vie chrétienne à l’aune des exigences de notre propre baptême dans l’Esprit.

Le baptisé chrétien catholique reçoit comme une onction l’Esprit du Seigneur, cet Esprit qui, dès le commencement du monde, planait sur les eaux pour qu’elles recouvrent en germe la force qui sanctifie, précise la liturgie baptismale.

Il faut donc en avoir été jugé digne et manifester de bonnes dispositions à témoigner de la grâce sanctifiante que le baptême rétablit en son âme au contact des réalités du monde. De ce sacrement, il est également possible de reprendre la belle formule que saint Paul utilise en d’autres occasions : « Ce mystère est grand, je le dis en pensant au Christ et à son Eglise » ! (Eph 5/32).

Ce rappel de la grandeur du sacrement du baptême et des implications évangéliques qui la sous-tendent amène à nous frapper la poitrine et à nous couvrir de cendres quand nous enregistrons une saignée dans nos rangs. On se gardera bien volontiers de juger les choix des uns et des autres, des apostats, mais on dissimule mal sa peine, son incompréhension, sa désolation quand on apprend que pour trouver du travail, un conjoint, avoir une promotion dans son entreprise, untel ou unetelle vienne à troquer sa foi en Christ !

Le cœur de l’Eglise saigne naturellement pour tant départs, librement consentis ou provoqués, d’une manière ou d’une autre, par notre contre témoignage criard face au pauvre, à l’indigent spirituel, aux naufragés qui échouent sur nos berges faussement entretenues.

Heureusement que l’ardeur apostolique des catéchistes, ces vaillants soldats de l’Évangélisation et de la transmission de la foi, de tous âges et sexes, nous donne, aux côtés des ministres consacrés, des raisons d’espérer en l’Eglise Une, Sainte, Catholique et Apostolique comme sacrement de salut pour tout le genre humain.

Emmanuel DIEDHIOU

Vice-Président du CINPEC

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