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Sénégal
25 mai 2022
ACTUALITE EGLISE UNIVERSELLE Nationale VIE CHRETIENNE

La Messe Chrismale, une véritable fête diocésaine !

Le début de la Semaine Sainte est traditionnellement marquée dans nos diocèses par la Messe chrismale, après le Dimanche des Rameaux et de la Passion. Prévue normalement au matin du Jeudi Saint, elle peut être anticipée. C’est ainsi qu’elle a lieu, chez nous, au Sénégal, le Mardi Saint, dans la matinée ou en début de soirée, selon les diocèses. Elle réunit prêtres, diacres, religieux et fidèles laïcs autour de l’évêque diocésain qui consacre le saint chrême et bénit les huiles des malades et des catéchumènes. Si c’est habituellement l’occasion de souhaiter la bonne fête aux prêtres, on oublie souvent qu’il s’agit aussi d’une fête qui concerne tous les fidèles, consacrés au Christ.

La Messe Chrismale est ainsi appelée parce que c’est au cours de cette célébration que le Saint Chrême, mélange d’huile et de baume parfumé, est consacré par l’évêque, à travers une longue prière pendant laquelle tous les prêtres concélébrant étendent la main vers cette huile sainte, utilisée pour les sacrements de baptême, de confirmation et de l’ordre. Le mot «  chrême » dérive du mot « Christ », à qui sont consacrés et rendus plus semblables ceux qui reçoivent son onction. En fidélité à la manière de faire de Dieu et à la mission que lui a confiée le Christ, l’Église a depuis toujours utilisé l’huile, fruit de l’olivier, pour dire et communiquer les grâces variées que le Christ nous offre.

En effet, dans la Bible, l’huile est signe d’abondance et de joie, elle purifie et rend souple ; l’onction consacre les prêtres, les prophètes et les rois. Ainsi, le Christ est « l’oint ». C’est pourquoi l’onction du saint chrême, commencée au baptême et achevée à la confirmation, donne au baptisé son « caractère » chrétien, une marque indélébile. Imprégné de « la bonne odeur du Christ » (2 Co 2, 15), il est appelé à la répandre dans le monde.

La messe chrismale rappelle donc à tous les baptisés Évêques, prêtres, religieux et fidèles laïcs leur devoir de « sentir de la bonne odeur du Christ », en église et dans la société. La « bonne odeur » des béatitudes et des œuvres de miséricorde, la « bonne odeur » de la qualité de notre vie et de notre témoignage chrétien, la « bonne odeur » de notre contribution à bâtir un Sénégal de vérité, de justice et de paix.

Au cours de cette messe, l’évêque invite également les prêtres à renouveler leurs promesses sacerdotales, leur volonté de suivre le Christ et de poursuivre leur mission dans l’Église, c’est-à-dire de vivre toujours plus unis au Seigneur Jésus, chercher à lui ressembler, renoncer à eux-mêmes, être fidèles aux engagements attachés à la charge ministérielle, célébrer les sacrements et d’annoncer la Parole de Dieu avec désintéressement et charité. L’évêque leur pose d’abord trois questions concernant leur engagement et à trois reprises les prêtres répondent : « Oui, je le veux ». L’évêque se tourne ensuite vers le peuple et lui demande de prier pour les prêtres et pour lui-même. Oui, prier pour les prêtres dont le visage est bien balafré aujourd’hui par la honte de ces scandales et abus de toutes sortes dont ils sont coupables ; ces prêtres, victimes de  moqueries, d’insultes et d’humiliation à cause de leurs faiblesses humaines. Ils ne sont pas tous parfaits certes, mais beaucoup se risquent jusqu’au bout en s’offrant avec humilité et joie.

La bénédiction sur l’huile des malades est également un moment fort de la messe chrismale. Bénir cette huile devant la communauté rassemblée lui rappelle publiquement sa responsabilité de ne jamais laisser tomber un de ses membres, lorsque viennent le grand âge et la maladie ou que le handicap échoit. Cette bénédiction redit, en effet, à chaque baptisé que si un membre est oublié, la communauté est blessée ; que si quelqu’un est abandonné, la communauté ne répond pas à sa mission. Elle rappelle particulièrement au prêtre qu’il a charge d’engendrer de la fraternité.

Et enfin, la bénédiction de l’huile des catéchumènes. La prière pour bénir cette huile rappelle la lutte, le combat, l’effort, parce qu’on ne devient pas chrétien comme on s’inscrit à une association ou rejoint une bande de copains, ni comme on immortalise une tradition familiale. On devient chrétien par conversion, fruit d’une rencontre personnelle avec le Christ. Car l’appel entendu, l’amour pressenti bouleversent la vie. Combat toujours actuel et combat public comme la liturgie.

Comme on le voit donc, la Messe Chrismale est une véritable fête diocésaine.

Bonne fête à tous !

Abbé Roger Gomis

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