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24 juin 2022
ACTUALITE EGLISE UNIVERSELLE Nationale SYNODE SUR LA SYNODALITÉ

Kolda : Messe d’ouverture diocésaine du Synode sur la synodalité

Son Excellence Monseigneur Jean-Pierre Bassène a procédé, dimanche 17 octobre 2021, au lancement officiel de la phase diocésaine du Synode sur la synodalité, par une messe qu’il a présidée en la Cathédrale Notre Dame des Victoires de Kolda. Mais le diocèse de Kolda était déjà en synode depuis le 26 janvier 2020 avec comme thème général :« Église de Kolda, signe de la présence du Christ ressuscité ». La coïncidence de ces deux évènements sur les plans universel et local, « invitent les diocésains, selon Mgr Bassène, à faire une expérience inouïe de l’Église ». En effet, « pour ce qui est de notre église diocésaine de Kolda, nous savons devoir vivre « un synode dans un synode », a-t-il déclaré. Il a par ailleurs annoncé que le secrétariat général du synode diocésain de Kolda « mettra tout en œuvre » pour aider les fidèles à mieux comprendre les enjeux et les implications de cette vaste consultation du Peuple de Dieu, à travers la phase diocésaine du Synode des Évêques 2023, voulue le Pape François.

Voici l’intégralité de l’homélie de Mgr Jean-Pierre Bassène, à la messe d’ouverture du synode sur la synodalité dans le diocèse de Kolda.

 

Frères et sœurs bien-aimés,

Depuis le 26 janvier 2020, notre église diocésaine vibre au rythme de son tout premier synode, sous le thème « Église de Kolda, signe de la présence du Christ ressuscité ». Une animation diocésaine a, alors, été entreprise par le secrétariat général du synode qui, malgré les nombreuses difficultés liées à la pandémie de Covid-19 en cours, nous a permis, à petite comme à grande échelle, avec la précieuse collaboration de prêtres, de religieux, de religieuses, de fidèles laïcs et de personnes de bonne volonté, de boucler, l’année dernière, la phase de sensibilisation à cet événement important et, bientôt, celle de consultation, qui nous ouvrira, enfin, les portes de celle de célébration, en 2022. Nous devons à la vérité de reconnaître que ce processus synodal exige beaucoup de courage, de sacrifices, mais aussi un grand sens de l’Église. Dans la lettre qu’il nous a adressée, à travers la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, le Pape François n’a pas manqué d’insister sur la nécessité de la formation des fidèles laïcs à la coresponsabilité. Nous sommes responsables les uns avec les autres de la vie et de la survie de l’Église. Lorsque je  partageais cette lettre à mes collaborateurs, je n’étais pas près de deviner qu’un projet d’envergure internationale était en cours d’élaboration qui allait s’accorder si parfaitement avec le nôtre lancé depuis plus d’une année : un synode sur la synodalité officiellement ouvert les 9 et 10 octobre derniers à Rome. Ce grand « cri de rassemblement »  touche aussi bien l’Église universelle que celles locales.

À preuve son ouverture, à l’appel du Pape François, dans toutes les églises diocésaines, ce dimanche 17 octobre. Le secrétariat général de notre synode diocésain mettra tout en œuvre pour nous aider à mieux comprendre les enjeux et les implications d’une telle démarche voulue par le Successeur de Pierre. Mais l’on peut déjà entrevoir, à travers le thème proposé à l’Église universelle à cet effet, tout ce qui se joue de grand et de merveilleux pour le présent et l’avenir de la Sainte Église notre Mère : « Pour une Église synodale : communion, participation, mission ». Tel est le thème de ce synode sur la synodalité qui occupera l’Église du monde entier, jusqu’en 2023. Selon le Pape François, trois mots-clés doivent rythmer ce chemin synodal : Communion, participation et mission. En effet, ces mots, avec toute la réalité qu’ils englobent, nous serviront  de boussole pour marcher ensemble vers l’édification d’une Église toujours plus fidèle à sa mission : être le signe visible de la présence invisible du Christ dans le monde.

La communion désigne le mystère de l’Église une dans le Christ-Tête. En d’autres termes, malgré la légitime diversité des membres de l’Église que nous sommes, nous formons un seul corps : le Corps du Christ, chef de l’Église. C’est lui qui nous rassemble de diverses conditions de vie, de tous âges, de races et de cultures différentes pour faire de nous son peuple, le peuple des rachetés. Cet aspect « est déterminant dans un diocèse comme le nôtre où foisonnent les ethnies et leurs cultures. Peulhs, Diolas, Balantes, Sérères, Mansonkés, Manjacks, Bassaris, Coniaguis, Mancagnes, etc. se mélangent pour donner le spectacle inédit du plus beau feu d’artifices[1] ».

La participation est une exigence de la foi baptismale. L’on ne saurait se dire chrétien et se tenir en marge de la vie de l’Église  où chacun et chacune, sans exception, a son mot à dire pour le bien de tous. « Qu’est-ce que l’Église ? » et « Qui suis-je dans cette même Église ? » sont les deux questions fondamentales que chacun de nous est invité à se poser. Et à ces questions non facultatives il ne saurait exister de réponse qui ne nous mette face à nos droits et nos devoirs au sein de l’Église[2].

La mission, quant à elle, nous rappelle que tous, prêtres, religieux, religieuses et fidèles laïcs, sommes envoyés annoncer l’Évangile de Jésus-Christ aux quatre coins du monde. « Il s’agit pour nous, Diocèse de Kolda, de remettre au centre de notre vie personnelle, la grâce de la vie divine reçue le jour de notre baptême ; de la nourrir, de la faire fructifier en nous, afin de poursuivre avec toujours plus d’ardeur la mission d’évangélisation […]. La foi doit être annoncée. Et ce que nous annonçons dans un premier temps, ce n’est ni une doctrine, ni des valeurs ou une morale, ni un livre, mais la Parole de Dieu, c’est-à-dire notre foi en une Personne qui s’adresse encore et toujours aux hommes[3] ». Oui, donc, à l’appel du Pape François, qui, à travers ce « nouveau synode », nous invite à oser notre mission de baptisés dans un monde en pleine mutation.

Mais est-ce à dire que notre marche synodale diocésaine prend fin ? Non ! Loin s’en faut. Notre synode diocésain se poursuit bel et bien, riche qu’il est de notre expérience propre et de l’expérience que l’Église universelle nous donne de vivre à travers ce synode sur la synodalité dont l’Église, aussi bien au niveau diocésain qu’universel, sera sans doute marquée de façon indélébile.

Pour ce qui est de notre église diocésaine de Kolda, nous savons devoir vivre « un synode dans un synode ».  Il va sans dire que ces deux événements d’Église s’appellent et s’interpellent pour notre bien intégral et celui de l’Église de Jésus Christ. Nous voilà donc invités à faire une expérience inouïe de l’Église.

 Quelle grâce, si ces deux temps forts nous permettent de mieux connaître notre Église et partant le rôle et la place qui y reviennent à chacun !

Dans nos lineamenta, les questions de la communion, de la participation et de la mission sont mises en évidence comme étant des défis de notre église diocésaine. Le fait qu’elles reviennent avec force dans le chemin synodal voulu par le Pape François n’est guère un hasard. C’est le signe que l’Esprit, dans le silence, fait la communion des membres de l’Église. Il n’y a donc nulle prétention à dire que cette démarche voulue par le Saint-Père François vient renforcer la nôtre pour donner à notre église diocésaine une nouvelle occasion de s’examiner en vue d’aller de l’avant, sous la mouvance de l’Esprit Saint, Esprit du Père et du Fils. L’appel du Saint-Père vient donc rejoindre le mien du 06 janvier 2019, dans ma lettre d’annonce d’un synode diocésain, qui disposait les diocésains de Kolda à revisiter le passé et le présent de leur église afin d’envisager sereinement, avec foi et espérance, un avenir meilleur pour tous : « Je voudrais faire de ce synode une consultation générale pour une étude sérieuse de la situation de notre diocèse dans toutes les sphères de son existence : ce qui est fait, ce qui se fait et ce qui devrait se faire en vue de notre bien spirituel, humain et matériel […]. Mon objectif est de réunir toutes les forces vives de notre diocèse afin de repenser nos structures, notre pastorale, nos mouvements et associations, d’étudier nos besoins et les défis à relever et ainsi espérer, pour nous-mêmes et pour les générations à venir, dégager les outils nécessaires pour la réalisation du plan de salut de Dieu à Kolda[4] ».

Avec le synode sur la synodalité, nous sommes tous invités à donner à notre prière synodale diocésaine une portée universelle, afin que Jésus-Christ soit partout connu, aimé et imité.

Avant de procéder, tout à l’heure, à l’ouverture officielle de ce synode sur la synodalité, chez nous, je m’en vais, avec vous, réciter la prière composée à cette occasion :

Nous voici devant toi, Esprit Saint, rassemblés en Ton Nom. Toi seul est notre guide :

Fais de nos cœurs Ta demeure. Apprends-nous le chemin à prendre et comment le parcourir. Nous sommes de faibles pécheurs : ne nous permets pas de cultiver le désordre.

Ne permets pas que l’ignorance nous conduise par le mauvais chemin, ni que la partialité influence nos actions.

Permets que nous trouvions en Toi notre unité, afin d’avancer ensemble vers la vie éternelle, sans nous écarter de la voie de la vérité et de ce qui est bon.

Nous Te le demandons, à Toi qui es à l’œuvre en tout temps et en tout lieu, dans la communion du Père et du Fils, pour les siècles des siècles. Amen.

[1] Mgr Jean-Pierre Bassène, Lettre pastorale pour une église en marche, Kolda, avril 2017, p. 23.

[2] Abbé SÉraphin-Raphaël NTAB, Vade-mecum à l’usage des communautés et des paroisses, Kolda, novembre 2019, p. 9.

[3] Cf. Mgr Jean-Pierre Bassène, Mot d’introduction à l’Assemblée Pastorale d’ouverture 2019.

[4] Cf. Mgr Jean-Pierre Bassène, Lettre d’annonce d’un Synode diocésain, Kolda, le 06 janvier 2019.

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