Ascension : « Depuis notre terre tourmentée par la pandémie du Covid-19, regarder vers le ciel avec foi et espérance» (Abbé Camille Sène)

A l’occasion de la fête de l’Ascension 2020, Abbé Camille, prêtre du diocèse de Thiès, docteur en théologie dogmatique et professeur au Grand Séminaire interdiocésain François Libermann, propose aux lecteurs de Fidespost une méditation sur le mystère que nous célébrons. Dans le contexte de la pandémie du coronavirus, il encourage à regarder vers le ciel avec foi et espérance pour invoquer le secours, la guérison et la consolation de Dieu notre Père. Il exhorte également le disciple du Christ à apprendre à regarder le monde dans lequel il vit avec le regard de Dieu, et à s’engager à le construire selon le dessein de Dieu.

Notre vie présente dans l’exode de la foi se situe entre mémoire et attente du retour glorieux de notre Seigneur Jésus Christ : « Nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire », chante l’anamnèse eucharistique. Cette mémoire et cette attente son fondées par la résurrection et l’Ascension du Christ que nous fêtons aujourd’hui, quarante jours après Pâques.

L’Ascension abolit la visibilité historique du Christ ressuscité, qui sort de notre espace et temps pour entrer dans l’éternité de la plénitude de la gloire de Dieu. A l’Ascension, Jésus ressuscité, est exalté, il est élevé et monte au ciel, où il entre triomphant dans la gloire de Dieu. Après avoir condamné injustement Jésus à mort, les hommes l’ont élevé sur la croix, mais Dieu son Père l’a ressuscité en contre-jugement de la justice des hommes, et l’a élevé « au-dessus de tous les cieux » (Ep 4, 10), où il « s’est assis à la droite de la Majesté divine dans les hauteurs des cieux » (He 1, 3 ; Ep 1, 20).

A l’Ascension le Seigneur Jésus entre dans la plénitude de la gloire de Dieu. Cette gloire qui a été toujours la sienne parce que Dieu, lui appartient désormais dans son humanité. Le Christ ressuscité entre donc dans la gloire de Dieu depuis la profondeur de son humanité. Ainsi, en lui, toute notre humanité participe de cette gloire divine, si bien qu’en Christ, nous sommes (notre humanité) aussi et déjà en Dieu. L’apôtre Paul exprime bien cette vérité quand il écrit : « C’est en Christ qu’habite corporellement toute la Plénitude de la Divinité, et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude » (Col 2, 9). Le mystère de l’Ascension est donc la révélation de notre futur ultime, chargé du bonheur et de la joie de la communion d’amour définitive et indestructible avec Dieu.

« Hommes de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » Oui, depuis notre terre tourmentée par divers maux, et particulièrement par la pandémie du Covid-19, nous pouvons regarder vers le ciel avec foi et espérance pour invoquer le secours, la guérison et la consolation de Dieu notre Père. Parce que dans le ciel habite désormais le Dieu-avec-nous, qui demeure cependant avec nous jusqu’à la fin du monde. Il nous est donc permis de fixer le ciel, mais l’Ascension ne signifie pas pour nous évasion de la réalité temporelle dans laquelle nous sommes immergés. Les paroles mêmes de Jésus, avant qu’il ne se sépare des ses disciples, nous parlent de l’engagement concret dans l’histoire, notre histoire de chaque jour, qui se déroule dans notre ville terrestre, qui est notre Jérusalem, qui attend d’être illuminée par la lumière et par la présence du Christ à travers le don de l’Esprit ; une présence qui est maintenant confiée à nous, ses disciples : « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins… »

Notre témoignage, suscité et soutenu par l’Esprit Saint-Esprit, c’est de porter Jésus aux hommes et de porter les hommes à Jésus, l’unique sauveur du genre humain. Ainsi, si les yeux des hommes ne perçoivent plus la présence physique du Christ, nous, ses disciples, nous l’indiquons encore présent aux hommes de notre temps, par notre foi vécue et par notre amour pour lui; amour qui se traduit par un amour concret du prochain et par la fidélité à ses commandements. L’Ascension du Christ nous invite à prendre de la hauteur par rapport à notre le disciple du Christ doit apprendre à regarder le monde dans lequel il vit avec le regard de Dieu, et à s’engager à le construire selon le dessein de Dieu monde. Dans le regard vers le ciel le disciple du Christ doit apprendre à regarder le monde dans lequel il vit avec le regard de Dieu, et à s’engager à le construire selon le dessein de Dieu. Regarder et contempler le Seigneur Jésus dans sa gloire, c’est voir en lui la dignité très haute de tout homme appelé à être fils de Dieu; c’est voir en Jésus que dans le futur de chaque homme il n’y a pas la mort mais la vie pour toujours…

En ces dix jours qui nous sépare de la Pentecôte, nous sommes tous invités à attendre l’Esprit-Saint que Jésus nous a promis d’envoyer d’auprès du Père, dans la prière avec la Vierge Marie, Mère de l’Eglise. Avec toute l’Eglise, supplions le Seigneur : « O Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre ». Amen.

Abbé Camille Sène

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