De la nécessité d’un engagement effectif des catholiques sénégalais en politique (Par Frère Pierre-Marie Niang)

La cartographie socio-politique de notre pays se précise de plus en plus et il y a bien lieu de s’en féliciter. Désormais, les équilibres de forces se précisent, s’affirment et s’affinent pour le bonheur des politologues de tous bords. C’est cette situation favorable qui nous fait professer, qu’il existe bel et bien un lobby religieux musulman tout puissant comme le sur-homme nietzschéen au Sénégal. Le dire tout haut, comme nous le faisons ici, ne saurait offusquer personne. À moins qu’il veuille me dire les motivations de son offuscation. Dans ce cas, on pourra débattre sereinement.

En effet, n’est-ce pas eux qui se sont opposés de façon frontale à l’État qui finalement n’a pas daigné les affronter ? Ils ont défié publiquement l’autorité publique qui a finalement accédé à leur revendication brandie depuis un certain temps, avec véhémence en plus.

De toutes les manières avec ou sans cette autorisation d’ouverture des mosquées et pas des lieux de culte, on savait très bien ce qui allait arriver. De ce point de vue, tout le monde s’était rendu à l’évidence de l’évidence.

Ce lobby religieux musulman pour les citer nommément a donc défié l’État ouvertement et ce dernier a reculé sans surprise d’ailleurs. C’est ce qu’on peut retenir des derniers événements de la vie politique sénégalaise, au-delà de l’événementialité sanitaire qui a servi d’ « arène nationale » où l’État a refusé de descendre préférant déclarer forfait.

Tel est donc la nouvelle donne qu’il faille retenir. Et je sûr que ce lobby religieux ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Quelles seront leurs prochaines revendications ? Il n’y a pas lieu de se presser, on le saura bientôt.

En attendant ces prochaines défiances « citoyennes » et « républicaines », nous avons fini d’identifier clairement les pourfendeurs de l’autorité étatique.

Évidemment, il y a les chefs religieux connus pas besoin de les citer. Mais il y a d’abord une certaine presse sénégalaise qui s’est fait l’écho de ses revendications sans jamais se lasser. Cette presse-là, nous n’avons cessé de le dire et de le souligner, est la plus grande ennemie de la diversité religieuse qui caractérise notre pays. D’ailleurs, un de ces membres que je ne vais pas citer, est désormais sur tous les plateaux de leur propre support, pour vendre ce Sénégal que les lobbys musulmans veulent, c’est-à-dire un Sénégal cultuel.

Ensuite, on peut identifier un certain nombre d’individus, qui sous l’étiquette d’ « activiste » (mon doigt), sont dans cette même dynamique de déconstruction acharnée du Sénégal culturel, du Sénégal nègre pour paraphraser Cheikh Anta Diop, voir Nations nègres et culture. Dans la liste non exhaustive de ces activistes « religieux » ( un est en prison présentement et un droit de l’hommiste de renom demande sa libération), on peut signaler des pseudo « professeurs » qui se font remarquer par un discours subversif méthodique et critique orientés vers les autorités : leur prise de position n’a un seul but : disqualifier, ridiculiser et tourner en bourrique l’autorité, qu’ils combattent à visage découvert.

Mais alors qui pour faire face à ces lobbys religieux musulmans ? l’État ? Peut-être bien. Car, nous voulons croire encore à son caractère « nègre ». Nous ne voulons pas dire « républicain » et « laïc », parce que ce serait mettre de l’eau dans leur bissap. Ils ne supportent pas ces concepts d’une certaine modernité « west ».

In fine, dans cette prise de position claire de notre part en tant que citoyen, nous voudrions juste rappeler à ceux qui crient victoire, de ne pas aller si vite en besogne. Car, la voie n’est pas si dégagée comme ils pourraient le croire. La route de la réalisation de leur projet d’un Sénégal cultuel est bien encore au stade des idées, même si ce n’est pas de Platon. Parce que jusqu’à preuve du contraire, le Sénégal n’est pas la Mauritanie. Même si ce pays est notre voisin direct.

Frères et sœurs catholiques, l’alerte est ainsi donné. Le temps de la mobilisation a sonné. C’est plus que jamais le temps de l’action et de la réaction pacifique qui passe par un engagement sans faille à défendre un Sénégal nègre, un Sénégal qui n’est la propriété de personne ( je récuse en passant son patronyme de N’diaye).

Debout alors pour un Sénégal ouvert et respectueux de la diversité cultuelle qui la caractérise. Voici donc le temps de l’engagement. Nos éternelles et sempiternelles plaintes et complaintes ne changeront rien à notre situation. Il est temps de prendre notre destin en main en ne comptant que sur nous-mêmes et sur notre Dieu qui est Amour.

Loué soit Jésus Christ!

Frère Pierre-Marie Niang, o.p.

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2 Commentaires

  1. Comme la si bien dit nos eveques ,nous devons nous engager et changer le pays de par Notre foi .La peur ne doit pas avoid de place dans nos ambitions de changer le pays .

  2. Bravo mon cher frère. L’heure a sonné où nous devons tous lutter pour un Sénégal brillant. Je pense que la diversité cultuelle est un facteur de paix et de développement au Sénégal pour tout citoyen confondu.Qu’on le veuille ou pas les non musulmans n’ont rien dérangé au Sénégal, au contraire ils reçoivent toujours les compliments des autres en temps de paix.

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