Confession et Covid19 : Plusieurs moyens d’obtenir le pardon de Dieu

À la question qu’est-ce qu’un sacrement, on peut répondre tout simplement en disant ceci : les sacrements sont des paroles et gestes de l’Église qui nous communiquent la vie de Dieu. Concernant le sacrement de réconciliation, cette vie, c’est la miséricorde. Or, « Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier » (Pape François, Misericordiae Vultus, n° 1). C’est sans doute dans le sacrement de réconciliation que l’on ressent le plus profondément la miséricorde de Dieu. Au cours de cette contribution, nous palerons d’abord des différents autres noms de ce sacrement, ensuite de la miséricorde de Dieu dans la Bible et dans la liturgie, enfin des paroles et des gestes, pour ne pas conclure…

  1. Des différents noms de ce sacrement

De manière générale, on peut classer les sept sacrements en trois catégories. 1) les sacrements de l’initiation chrétienne : baptême, eucharistie, confirmation. 2) les sacrements ordonnés à la mission : mariage, ordre. 3) les sacrements de guérison : onction des malades, réconciliation.

C’est la réforme liturgique issue de Vatican II qui a ajouté le beau terme de réconciliation. Mais « ce sacrement, redécouvert par les fidèles toujours plus nombreux au cours de ces dernières années, porte plusieurs noms : sacrement de conversion, sacrement de pénitence, sacrement du pardon, confession… toutes ces dénominations rendent compte d’un aspect de la démarche ou de sa conséquence… l’appellation sacrement de la réconciliation insiste sur l’état du fidèle en qui a été restaurée cette relation d’amitié avec Dieu. Il est réconcilié avec Dieu et avec la communauté de ses frères et sœurs » (Jean Paul II, Le Sacrement du pardon, p. 8).

2. Du pardon de Dieu dans la Bible et la liturgie

2.1. Dans la Bible

Le premier péché de toute l’histoire a été commis par Adam et Ève (Gn 3,1-24). Ce péché originel est devenu l’héritage de tous les hommes (Rm 5,12s). La chose est très connue pour qu’on s’attarde trop là-dessus. Malgré tout, la justification se réalise par le Christ (Rm 5,17-19). Le Christ est l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Il a pardonné la pécheresse qui a lavé ses pieds de ses larmes (Lc 7,47). Il est allé chez le publicain Zachée pour lui donner le salut (Lc 19,1-10). Il a relevé la femme adultère (Jn 8,1-11) qu’on allait lapider. Il a introduit dans le paradis le « bon larron ». Il a rétabli Pierre après son triple reniement (Jn 21,15s).

En somme, c’est Jésus seul qui peut pardonner les péchés. Mais le pouvoir de remettre les péchés, Jésus l’a conféré à ses apôtres. « Le soir de Pâques, le Seigneur Jésus se montra à ses disciples et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils seront remis. Ceux à qui vous maintiendrez les péchés, ils seront maintenus » » (Jn 20,22-23).

2.2 Dans la liturgie

Ici, nous devons préciser que le sacrement de réconciliation est la voie ordinaire pour recevoir la grâce du pardon de Dieu. Mais, Dieu peut toujours donner sa grâce en dehors des sacrements. « Les fidèles ne savent peut-être pas assez que l’Église a toujours précisé qu’il existait, pour des péchés non graves, plusieurs manières d’obtenir le pardon de Dieu, à condition d’en avoir le repentir :

  • la prière de demande de pardon, en particulier le Notre Père et son embolisme… ;
  • la participation à l’Eucharistie avec l’ensemble des demandes de pardon à la messe ;
  • la pénitence quotidienne, l’aumône et le partage, le service des démunis et des malades ;
  • les célébrations pénitentielles non sacramentelles ;
  • les sacramentaux, en particulier l’aspersion et l’usage d’eau bénite qui rappelle le baptême
  • la célébration des cendres, l’adoration de la croix… » (CNPL, Laissez-vous réconcilier avec Dieu. Proposer le sacrement de pénitence et de réconciliation dans la société actuelle, p. 42).

On peut dire donc que « dans la liturgie, la miséricorde n’est pas seulement évoquée maintes fois : elle est réellement reçue et vécue » (Pape François, Misericordia et Misera, n° 2).

3. Des paroles et gestes de la réconciliation

Nous l’avons dit. Les sacrements sont des paroles et gestes de l’Église qui nous communiquent la vie de Dieu ». Autrement dit, les sacrements sont la rencontre de deux vies : la vie divine et la vie humaine. Jésus, au cours de sa vie publique, ne se contente pas de parler du royaume, il rencontre des personnes qu’il remet debout, guérit er réconcilie. « Parfois, il se sert des éléments naturels pour poser des gestes de guérison… en chaque sacrement, il y a toujours deux éléments, un geste – parfois un élément matériel, l’eau, l’huile, le pain, le vin – et une parole qui l’accompagne » (FÊTES ET SAISONS, Le Petit Catéchisme, p. 35). On parle alors de matière et de forme.

Pour recevoir le sacrement du pardon, il faut confesser (confession) ses péchés à un prêtre, avec un profond repentir (contrition) et le ferme propos de ne plus péché à l’avenir. Le prêtre pardonne alors au nom du Christ et propose quelques œuvres de réparation (satisfaction), après avoir donné le pardon (absolution) avec la formule qui l’accompagne.Maistout cela semble difficile, voire impossible lorsqu’on ne trouve pas de prêtre. C’est ainsi que le Pape François met en lumière la contrition parfaite. « Une telle contrition remet les fautes vénielles ; elle obtient aussi le pardon des péchés mortels, si elle comporte la ferme résolution de recourir dès que possible à la confession sacramentelle » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, n° 1452).

Pour ne pas conclure…

La Réconciliation est un moyen de sanctification. Mais la sanctification ne s’épuise pas dans la Réconciliation. La sanctification est une affaire de tous ; une affaire et de tous les jours.

Dans Gaudete et Exsultate, sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel, le Pape écrit : « Pour être saint, il n’est pas nécessaire d’être évêque, prêtre, religieuse ou religieux. Bien des fois, nous sommes tentés de penser que la sainteté n’est réservée qu’à ceux qui ont la possibilité de prendre de la distance par rapport aux occupations ordinaires, afin de consacrer beaucoup de temps à la prière. Il n’en est pas ainsi. Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve. Es-tu une consacrée ou un consacré ? Sois saint en vivant avec joie ton engagement. Es-tu marié ? Sois saint en aimant et en prenant soin de ton époux ou de ton épouse, comme le Christ l’a fait avec l’Église. Es-tu un travailleur ? Sois saint en accomplissant honnêtement et avec compétence ton travail au service de tes frères. Es-tu père, mère, grand-père ou grand-mère ? Sois saint en enseignant avec patience aux enfants à suivre Jésus. As-tu de l’autorité ? Sois saint en luttant pour le bien commun et en renonçant à tes intérêts personnels » (Pape François, Gaudete et exsultate, n° 14).

Abbé Ousario Gomis

Directeur des Oeuvres

Diocèse de Thiès

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