Covid-19 : « A chaque jour suffit sa peine » (Par Abbé Alfred Waly Sarr)

Confiné, moi aussi, quelque part dans le monde, où la situation liée au Coronavirus est extrêmement délicate et grave, je voudrais, en vous donnant avec ferveur, la Bénédiction et la paix de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ, partager avec vous, ce que l’Esprit de Dieu m’inspire, entre autres, en ce moment.


Le monde le sait et l’Eglise le sait. Avec la pandémie actuelle liée au Covid-19, nous vivons tous depuis quelques mois individuellement et communautairement, un « séisme » sociologique, économique, politique et religieux. A-t-il surpris le monde ? Je le crois. Mais nonobstant la surprise, Dieu qui nous créés coauteurs et cocréateurs, nous a accordés comme toujours, la grâce de la réaction. De ce point de vue, il convient de saluer à juste titre toutes les mesures prises par les autorités pour susciter un esprit de défense ou veille solidaire, qu’il faut surtout maintenir éveillé. Nous n’avons pas le droit de nous endormir, car l’heure n’est pas à la distraction.
Toutefois, même sur nos gardes, une question existentielle demeure : jusqu’à quand ? ou que deviendrons-nous ? Les réponses à ces questions, pour être vraies, doivent d’abord être personnelles. Elles peuvent ensuite porter naturellement une teinture de la peur du lendemain, une teinture de l’espérance, ou alors des deux. Je voudrais humblement, en conséquence, inviter à méditer ces paroles que le Christ Jésus notre Espérance adressait à ses disciples de l’époque et à nous aujourd’hui : « Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain prendra soin de lui-même. A chaque jour suffit sa peine. » (Mt 6, 34). Pourquoi ? 1- Pour laisser à Dieu, dans un acte d’offrande et d’abandon, le lendemain ou le « Demain » qui lui appartient. 2- Pour accueillir sereinement l’aujourd’hui que Dieu me donne et le vivre entièrement avec Lui.


1 – « A chaque chose suffit sa peine » ou laisser demain et ses inquiétudes paralysantes à Dieu. Au moment où vous lisez ces lignes, personne, malgré la pandémie du Covid-19, n’a peur du présent ou de son aujourd’hui. Nous avons tous, par contre et paradoxalement, peur du si désiré et si attendu « Demain » et surtout du contenu de ses bagages. Nous avons peur parce que nous nous forgeons déjà dans notre conscience un « Demain » de notre vie avec des scènes imaginaires, pas toujours positives, et qui nous emprisonnent déjà au présent, ici et maintenant. Il faut reconnaître que, quasi naturellement, nous envisageons toujours un « Demain » que nous qualifions « d’on ne sait jamais ». Avec le Covid-19, nous en avons peur jusqu’à vouloir prendre la place de Dieu et « dessiner » ou « créer » nous-mêmes, et de façon maladroite (parce que ce n’est pas notre rôle principal), ce que sera notre avenir que Seul le Créateur a créé et connaît. C’est là, à n’en pas douter la source de notre manque de confiance, qui nous prive aujourd’hui, comme dans le passé, de sommeil, d’appétit, de joie, d’initiatives et de confiance en soi-même et surtout envers le Créateur, qui nous aime personnellement jusqu’à nous donner la vie pour faire de nous des héritiers du Royaume. Le vrai ennemi de la foi, c’est la peur.


Il nous faut alors simplement nous rappeler et accepter que nous sommes des créatures et que par conséquent, limités. Dieu Seul est Maitre du temps et de l’histoire et notre vie est dans sa main. « Le jour de demain est à Dieu, il ne t’appartient pas. Ne porte pas sur demain le souci d’aujourd’hui. Demain est à Dieu remet-le Lui. » Face à « Demain », laissons Dieu être Dieu. Faut-il alors démissionner ? Rester sans projets ? Et sans prospectives ? Oh que non ! Demain se vit dans l’instant présent et dans l’aujourd’hui de Dieu.


2 – « A chaque jour suffit sa peine » ou accueillir l’aujourd’hui de Dieu. Beaucoup d’entre nous, au réveil, magnifient le Créateur pour le nouveau jour et le lui confie. C’est une merveilleuse initiative. C’est ce qu’il faut du reste. Car se réveiller est une grâce. Il s’agit ici dans cette situation du Covid-19, d’accueillir avec joie et de vivre sereinement, intensément et qualitativement l’instant « T » de sa relation personnelle avec le Christ, avec le prochain et avec soi-même. Cette triple relation fait de nous, au quotidien, des « responsables », au sens de : ceux qui répondent en toute conscience de leurs actes ; surtout les actes domestiques les plus ordinaires.
Appliquons-nous alors aujourd’hui, à nous remplir de Dieu et à en remplir nos relations et nos projets. Concentrons-nous davantage sur notre présent pour le vivre pleinement. Demandons-Lui notre pain de ce jour. « Fondons notre vie sur le socle solide de l’aujourd’hui de Dieu… Le passé ? Dieu te le pardonne. L’avenir ? Dieu te le donne. Vis le jour d’aujourd’hui » en communion avec Lui et l’avenir que nous donne dans Sa divine providence restera pascal. Que Dieu accorde la santé aux malades, qu’il soutienne les efforts humains et qu’il raffermisse notre foi et notre espérance. AMEN.


Abbé Alfred Waly SARR
Recteur du Grand Séminaire
De SEBIKHOTANE (Sénégal)

A propos Fides 520 Articles
Actualité au Sénégal

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