Covid19: le message du Président de l’UCS aux prêtres

Dans un contexte marqué par de nombreuses restrictions avec notamment la fermeture des lieux de culte, la suspension de nombreuses activités pastorales à cause de la pandémie du coronavirus, Abbé Aloyse Sène, Président national de l’Union du Clergé Sénégal, a adressé aux prêtres un message de soutien et d’encouragement « dans une situation de panique » . Saluant leur courage et leur esprit de sacrifice, ils les appelle également à ne « jamais laisser seul et abandonne » « celui celui qui a peur, celui qui est malade et a perdu les repères de la vie« .

Voici l’intégralité de la lettre transmise à Fidespost

A mes très chers frères Prêtres de l’Union du Clergé Sénégalais (UCS)

Chers confrères dans le sacerdoce, sentinelles infatigables,

En ces moments exceptionnels de notre vie, où nous faisons tous face au Covid-19, la communion comme unité de foi et de culte dans l’action, nous fera demeurer en Dieu.

Je sais, oui je sais qu’en plus de l’effort du dévouement, nombreux sont parmi vous, qui vivent la souffrance qu’engendre cette pandémie qui remet en cause et ébranlent nos propres dynamiques vitales. Elle provoque chez beaucoup le doute, la peur et même le manque de confiance. Il serait juste alors, d’être reconnaissant pour tant de prêtres, d’ici et d’ailleurs qui, de manière constante et honnête, donnent tout ce qu’ils sont et ce qu’ils possèdent pour le bien des autres (cf. 2 Co 12, 15) et développent une paternité spirituelle capable de pleurer avec ceux qui pleurent. Ils sont innombrables les prêtres qui font de leur vie une œuvre de miséricorde, même au risque de leur propre vie. Je salue et j’apprécie ce courageux et constant exemple qui, dans des moments de trouble et de souffrance, nous montre que vous continuez à prendre des risques avec joie pour l’Evangile et le peuple de Dieu.

En cet instant, grave dirai-je, à la suite de nos Pères-Évêques, je désire moi-même, au nom de l’UCS, être proche de chacun de vous pour vous remercier, encore une fois, au nom du Peuple de Dieu de tout ce qu’il reçoit de vous et, en retour, vous encourager à renouveler ces paroles que le Seigneur a prononcées avec tellement de tendresse le jour de notre ordination et qui constituent la source de notre joie : « Je ne vous appelle plus serviteurs… je vous appelle mes amis » (Jn 15, 15).

Mes chers amis, merci pour votre fidélité aux engagements pris. Il est significatif que, dans une société et dans une culture qui a transformé ‘‘le superficiel’’ en valeur, il existe des personnes qui risquent leur souffle et cherchent à assumer des engagements réclamant toute la vie. Merci pour la joie avec laquelle vous avez su donner vos vies, révélant un cœur qui lutte pour ne pas se rétrécir et s’aigrir mais pour être, au contraire, chaque jour élargi par l’amour de Dieu et de son peuple.

Merci de vous efforcer de renforcer les directives, les orientations, les méthodes et techniques pour prendre soin de celui qui a peur, de celui qui est malade et a perdu les repères de la vie, en allant à la recherche de celui qui est isolé. Oui nos fidèles ont besoin de nous. Qu’ils ne se sentent jamais seuls et abandonnés. Restez fermes, constants et persévérants quand vous aurez à affronter une mission difficile ou encourager un frère à assumer ses responsabilités devant cette situation de panique.

Merci pour le témoignage de solidarité et d’endurance dans l’engagement pastoral qui bien des fois, vous conduira, à lutter avec le Seigneur dans la prière, comme Moïse dans cette intercession courageuse et risquée pour le peuple (cf. Nb 14, 13-19 ; Ex 32, 30-32 ; Dt 9, 18-21).

Merci de célébrer l’Eucharistie pour et avec nos frères et sœurs, de faire paître avec miséricorde, en accompagnant sur le chemin de conversion vers la vie nouvelle que le Seigneur nous offre à tous.

Merci pour toutes les fois où, en vous laissant émouvoir jusqu’aux entrailles, vous accueillerez les personnes foudroyées par la peur, désorientées et même tombées. Soignez les blessures en donnant de la chaleur aux cœurs des hommes et femmes, en manifestant tendresse et compassion comme le samaritain de la parabole (cf. Lc 10, 25-37).

Rien n’est plus urgent que ceci: courage, responsabilité, discipline, proximité, être-avec, se faire proche de la chair du frère souffrant et de l’homme désemparé.

Que cela fait du bien l’exemple d’un prêtre qui se fait proche et qui ne fuit pas les blessures de ses frères et sœurs ! C’est le reflet du cœur du pasteur qui a appris la saveur spirituelle de se sentir un avec son peuple, qui n’oublie pas qu’il vient de ce peuple et que ce n’est qu’à son service qu’il trouvera et pourra déployer sa plus authentique et pleine identité qui lui fait adopter un style de vie particulier, sans accepter des privilèges qui n’ont pas la saveur de l’Évangile…

Voilà pourquoi, toujours, mais surtout dans ces moments d’épreuves, nous devons retourner à ces instants lumineux où nous faisons l’expérience de l’appel du Seigneur à consacrer toute notre vie à son service. C’est cela ‘‘la mémoire deutéronomique de la vocation’’ qui nous permet de revenir à ce point incandescent où la grâce de Dieu m’a touché au début du chemin. C’est à cette étincelle que nous continuerons, chers confrères, à allumer le feu pour aujourd’hui, pour chaque jour, et porter chaleur et lumière à nos frères et sœurs.

Bon courage à tous et restons unis dans la prière et le dévouement !

Abbé Aloyse SENE

Président de l’Union du Clergé Sénégalais (UCS)

A propos Fides 467 Articles
Actualité au Sénégal

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*


Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.