Covid-19 : Ce que dit la Doctrine Sociale de l’Eglise catholique

Face à la pandémie du coronavirus, les populations sont aujourd’hui fortement invitées à respecter les instructions des autorités sanitaires pour éviter la propagation de la maladie. Pour y répondre favorablement, les autorités ecclésiastiques, à travers le monde, ont pris des mesures fortes en modifiant certaines règles liturgiques et pastorales ou en fermant tout simplement des églises. Mais pour bon nombre de croyants, des chrétiens notamment, cela s’apparente à un manque de foi. Et pourtant !

Respecter les instructions et mesures d’hygiène et de confinement dans le contexte de la pandémie du coronavirus participe du respect et de la promotion du bien commun, un des principes de la Doctrine Sociale de l’Eglise catholique (DSE).

Ce principe est défini par le Concile Vatican II comme étant « l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée  » (GS 26 ; cf. GS 74 ; CEC 1906).

Dans son encyclique Caritas in Veritate, au numéro 7, le pape Benoît XVI l’explicite davantage : « C’est le bien du ‘nous-tous’, constitué d’individus, de familles et de groupes intermédiaires qui forment une communauté sociale. Ce n’est pas un bien recherché pour lui-même, mais pour les personnes qui font partie de la communauté sociale et qui, en elle seule, peuvent arriver réellement et plus efficacement à leur bien ».

Ainsi, les dispositions courageuses prises par les autorités ecclésiastiques face à cette pandémie relèvent d’une grande responsabilité qui trouve son fondement dans la DSE. Il s’agit non moins que de respecter et de promouvoir le bien commun, en protégeant la vie de chaque citoyen et de l’ensemble de la communauté sociale.


Au Sénégal, les Evêques, après concertation avec les autorités du ministère de la santé et de l’action sociale, ont demandé « de surseoir, jusqu’à nouvel ordre, au baiser de paix qui précède la communion, et de recevoir, avec respect, le Corps du Christ dans la paume des mains », « pour raison de santé publique », et non par peur ou par manque de foi. Des dispositions qui pourraient bien évoluer dans des proportions plus drastiques pouvant chambouler les rencontres et célébrations liturgique, si la situation l’exige, au nom du bien commun ou du principe de protection de la vie.

Dans le même sens, sous d’autres cieux, les autorités ecclésiastiques ont immédiatement suspendu les messes et fermé les églises pour un temps, compte tenu de l’ampleur de l’épidémie.

Nous voilà invités à vivre autrement, en tant que chrétiens, notre relation à Dieu et aux autres, car on n’est pas chrétiens pour soi-même mais pour les autres et pour le monde. Notre relation à Dieu par les sacrements n’a rien à voir avec le ritualisme.

Plutôt que de céder à la panique ou de trouver inappropriées les mesures prises par les autorités ecclésiastiques chamboulant la vie liturgique et l’agenda pastoral, observons scrupuleusement les mesures d’hygiène et de confinement prescrites. En les observant, nous rendons compte de notre respect du bien commun, conformément à ce que nous dit l’Eglise, notre mère.

Abbé Roger Gomis

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