Le Conseil du Laïcat prévient contre « des tempêtes programmées et téléguidées »

Le Conseil national du laïcat (CNL) sénégalais a profité de la rencontre annuelle de son Comité directeur, pour passer en revue la situation sociale, économique et politique du pays. Dans une déclaration rendue publique le vendredi 28 février, à l’issue de cette réunion tenue du 21 au 23 février 2020, à Kaolack, le CNL prévient contre « des tempêtes programmées et téléguidées » qui menacent le Sénégal et estime qu’une révolution est nécessaire pour développer le pays.

Selon le Conseil national du Laïcat, la nécessité de cette révolution est le résultat de plusieurs appels issus d’un certain nombre de constats.

Après avoir, d’abord, observé que le Sénégal souffre de voir ses fils et filles peu soucieux de valoriser leur cadre de vie, leur environnement, le CNL estime qu’une telle situation appelle les sénégalais « à plus de respect du bien commun ». Une occasion également pour cette structure de coordination de tous les mouvements et associations catholiques du Sénégal d’exprimer son adhésion à l’appel lancé par le Président de la République pour un changement profond des mentalités seul gage de la sauvegarde de notre « maison commune »

Ensuite, face à « des tempêtes programmées et téléguidées » qui menacent de « faire chavirer » « notre Pirogue « Suñu gal », le CNL invite à veiller jalousement sur elle  par le « respect des différences et l’accueil de l’Autre comme don de Dieu », « dans les limites fixées par notre loi fondamentale » et à sauvegarder la Laïcité, « garante de stabilité et du « vivre ensemble » ».

« Le nombre sans cesse croissant de viols sur des femmes, de vols et d’abus sexuels sur des enfants, interpelle notre société et sa capacité à dire non et à se mobiliser pour défendre les êtres qu’elle a de plus chers et de plus fragiles », relève encore le CNL qui évoque le caractère sacré de la vie humaine telle que voulue par Dieu. Il appelle au respect de la dignité de la personne humaine et au respect de la vie.

Le CNL a par ailleurs exprimé son inquiétude devant les atteintes à la vie privée de plus en plus nombreuses à travers les réseaux sociaux et dont les conséquences sont parfois plus dévastatrices que les violences physiques. « Nous sommes tous concernés et interpelés par les proportions de ce nouveau défi lié à la révolution numérique et technologique qui, en tout état de cause, fait déjà converger tous les intérêts », note-t-il.

Ce sont là autant d’appels qui, à en croire le CNL, rendent nécessaire une révolution qui devra être portée « en toute intelligence, à la fois, et par les gouvernants et par le peuple, dans un même élan, une même ferveur et dans un commun vouloir de développer le Sénégal ».

Pour être efficace, prévient enfin le CNL, cette révolution devra passer « par l’éducation à travers une « École pour tous » dont les programmes devront contribuer véritablement à bâtir, dans la discipline et la rigueur, une génération de citoyens renouvelés et bien avertis des exigences de la mondialisation ». Elle s’enracinera surtout dans les familles, « qui doivent reprendre et jouer pleinement  le rôle de veille et d’éveil qu’elles ont gracieusement cédé aux nouveaux despotes-éducateurs  (télévision, tablettes, facebook…) » et dont l’intégrité doit être défendue, en tant que « cellule vitale de la société ».

Le CNL, dont l’une des missions est d’émettre des avis éclairés et se prononcer sur toute situation d’intérêt commun touchant la vie de l’Eglise et de la Nation, entend apporter sa contribution et prévoit, entre autres, une formation à la citoyenneté en novembre prochain et un forum national de la jeunesse sur le dialogue interreligieux en février 2021.

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