Pourquoi le prêtre met-il un fragment de la grande hostie dans le Calice avant de communier ?

Pendant la messe, au moment du chant l’Agnus Dei, le prêtre fractionne la grande hostie, Corps du Christ et en prend un fragment pour le mêler au sang du Christ dans le calice. Ce geste est accompagné de ces paroles que le célébrant prononce à voix basse : « Que le Corps et le Sang de Jésus Christ réunis dans cette coupe nourrissent en nous la vie éternelle ». D’où vient ce geste qui passe presqu’inaperçu et que signifie-t-il ?

Il s’agit d’un rite très ancien de la messe, appelé « immixtion ». Un mot qui vient du verbe latin « miscere » qui signifie mélanger, unir. On parle aussi de « commixion ».

Plusieurs chroniques spirituelles reviennent sur son origine avec parfois quelques variantes mais attestent toutes de son fait et de sa signification relative à l’unité et à la communion ecclésiale.

Certaines supposent qu’il s’agissait primitivement du « fermentum » : un morceau de pain consacré de la messe du Pape, en tant qu’évêque de Rome, était porté aux prêtres des églises de Rome qui, en raison du service qu’ils assuraient auprès de leurs fidèles, ne pouvaient assister à la messe papale. Cette fraction d’hostie était mise alors dans le calice du prêtre célébrant la messe. On manifestait ainsi l’unité du presbyterium, c’est-à-dire de l’ensemble des prêtres de Rome avec leur évêque.

D’autres expliquent que dans les premiers temps de l’Eglise, quand il n’y avait pas encore des communautés chrétiennes trop nombreuses autour de l’évêque, lorsque l’évêque célébrait l’eucharistie, à la fraction du pain, des parcelles de l’hostie consacrée par l’évêque étaient envoyées dans les paroisses environnantes. Les prêtres utilisaient ces parcelles au moment de la messe pour rappeler que toute Eucharistie est célébrée en communion avec l’évêque, successeur des apôtres, et avec le Pape, successeur de Pierre et signifier également la validité de leur ministère. C’est pour cela que le nom de l’évêque et du Pape sont toujours cités dans la prière eucharistique. 

D’autres encore préfèrent souligner la vision militante historique de ce rite. Ils rappellent qu’autrefois, on rompait le pain en trois parties, la première était mise dans le calice (rite de l’immixtion), la deuxième servait pour la communion du célébrant et des fidèles et le dernière était conservée pour la communion des malades et des agonisants. Ces trois parties étaient vues comme figuratives des trois états de l’Église : le morceau d’hostie mis dans le calice figurant l’Église triomphante car la réunification du sang et du corps du Christ signifie la résurrection de même que la séparation des espèces en signifie la mort, la deuxième partie étant l’Église militante et la troisième partie l’Église expectante et souffrante, celle du purgatoire. Cette unique hostie est donc partagée en trois pour signifier que l’Église est actuellement partagée en trois. L’église est composée non seulement des fidèles mais aussi les saints du ciel et des âmes du purgatoire. Le rite de l’immixtion exprime qu’il n’y a qu’une seule messe et une seule Église.

Le sens de ce rite

Le Corps et le Sang du Christ, consacrés séparément, actualisent la mort du Christ puisqu’il y a d’un côté le Corps et de l’autre le Sang. La réunion, le mélange, l’immixtion du Corps et du Sang évoque alors la Résurrection et signifie que le Corps et le Sang du Christ sont inséparables.

Ce rite marque donc sous les deux espèces et de façon visible l’unité du Corps du Christ ressuscité et l’unité de l’Eglise puisqu’il n’y a qu’une seule messe.

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