La signification des symboles décoratifs d’une tombe chrétienne

A la Toussaint, profitant du férié, les fidèles catholiques anticipent la Commémoration des fidèles défunts et se rendent dans les cimetières pour rendre hommage aux disparus. Un moment chargé d’émotions et d’espérance. En effet, pour les chrétiens les cimetières sont des lieux où dorment les morts dans l’attente de la résurrection bienheureuse. Au-delà d’être un lieu de souvenir, la tombe chrétienne est également un lieu de prière par les symboles qui la caractérisent comme la croix, un verset biblique, l’inscription du nom du défunt, l’image d’un livre ouvert et des fleurs. Le sens de ces symboles.

C’est en souvenir de la mise au tombeau du Christ que les chrétiens, dès les premiers siècles pratiquent l’inhumation. C’était d’abord dans les combes (ravins à l’extérieurs des cités) qui deviendront les catacombes. Les corps étaient placés dans des sortes de caveaux souterrains appelés loculus ou dans des chambres funéraires dénommées hypogées, rappellent les historiens comme Pascal Moreaux. C’est ainsi qu’ils constituèrent au fil du temps de « grands dépôts mortuaires », appelés cimetières ou « dortoirs » où les morts dormaient en attendant le jour de la résurrection.

Ces lieux et les corps qui y étaient déposés étaient entourés d’un grand respect mais aussi de culte. En effet, les catacombes étaient considérées comme des lieux saints où l’on célébraient les mystères sacrés une fois l’an auprès des martyrs ou régulièrement pendant les persécutions. Et qui dit culte, évoque aussi des signes et des symboles puisés des multiples trésors de la Bible ou de la spiritualité chrétienne, pour décorer les tombeaux et les cimetières et servir de support à la prière.

Comme on le voit, c’est donc depuis les premiers siècles du christianisme que les fidèles du Christ se rendent dans les cimetières pour non seulement se souvenir de ceux qui les ont précédés dans la maison du Père mais aussi pour célébrer leur espérance en la résurrection. Une attitude que résume la prière pour le défunt au cimetière : « Seigneur Jésus-Christ, avant de ressusciter, Tu as reposé trois jours en terre, et depuis ce jour-là, la tombe des hommes est devenue, pour les croyants, signe d’espérance en la Résurrection ».

Une tombe chrétienne est souvent décorée de plusieurs symboles religieux dont une croix, un verset de la Bible mais aussi par la photo accompagnée du nom du défunt, l’image d’un livre ouvert et des fleurs. Et ce n’est pas fait au hasard.

La croix et de la Parole de Dieu sur la tombe

La croix habituellement plantée sur les tombes n’évoque pas seulement la mort qui configure le chrétien au Christ port sur la croix pour le rendre participant de sa résurrection. Tout en renvoyant à la personne disparue, elle signifie également sa présence dans le mystère de Dieu, faisant de la tombe un lieu de prière et de proclamation de l’espérance chrétienne.

Cette espérance est fondée sur la Parole de Dieu dont des extraits (versets) sont souvent inscrits sur la tombe. « Les versets d’écriture qui figurent sur les tombes sont à leur manière, les symboles de la foi et le support de la liturgie chrétienne devant la tombe : la parole de Dieu, dont elles sont comme la marque sacramentelle est le gage de l’espérance en la résurrection, car comme l’exprime saint Paul, c’est la Parole de Dieu qui appelle les morts à la vie : « Car lui-même, le Seigneur, au signal donné par la voix de l’archange et la trompette de Dieu, descendra du ciel, et les morts qui sont dans le Christ ressusciteront »(cf. 1 Co 5,16) », explique le théologien Patrick Prétot.

La marque du nom et du symbole du livre

L’inscription du nom du défunt renforce l’aspect de la tombe comme lieu de mémoire, lui faisant assumer « une fonction de repère généalogique essentiel pour la perception d’une lignée », selon Patrick Prétot qui insiste sur l’importance de l’inscription du ou des noms. « Par là, l’humanité signifie la force des liens familiaux que les rituels de la mort permettent de consolider contre les diverses forces dissolvantes : l’inscription du nom qui se limite parfois à la simple mention « famille un tel » se présente comme un signal rappelant le devoir de rendre les honneurs funèbres aux membres de sa famille, un devoir « sacré » (…) L’inscription des noms est ainsi à sa manière un gage d’éternité dans la mesure où l’on inscrit « ce qui ne peut être oublié », fait-il remarquer.

Toutefois, relève le moine théologien, l’inscription du nom du défunt sur la tombe n’est pas simplement un geste humain. Elle est portée par la foi qui soutient que le jugement final se fera par la médiation du livre de vie sur lequel figurent les noms de ceux que le Christ a rachetés. « Dans la Jérusalem messianique, la « cité sainte » qui est don de Dieu puisqu’elle « descend du ciel », « de chez Dieu », ne pourront pénétrer que « ceux qui sont inscrits dans le livre de vie de l’Agneau »(cf. Ap 21,1-2 et 27; cf. également Ap 3,5; 13,8; 17,8). L’inscription des noms dans le livre de vie est donc une sorte d’équivalent de la résurrection ».

« L’inscription du nom sur la tombe, la beauté de sa graphie, le symbole du livre de vie qui apparaît parfois, sont donc des éléments qui se conjuguent pour témoigner de la foi selon laquelle le salut de Dieu s’accompagne d’une nomination : « Au vainqueur, je donnerai de la manne cachée et je lui donnerai aussi un caillou blanc, un caillou portant gravé un nom nouveau que nul ne connaît, hormis celui qui le reçoit » ( cf. Ap 2,17; Is 62,2; 63,15; Ap 3,12) », conclut-il.

Enfin, signe de notre affection, respect et amitié les fleurs permettent de dire aux défunts que nous les oublions pas. Leur durée de vie rappelle la brièveté de notre existence et notre désir de la vie éternelle.

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