Qu’est ce qu’une hérésie selon l’Eglise catholique ?

Du grec (hairesis), l’hérésie est le fait d’un fidèle baptisé qui rejette ou nie ou encore met en doute de façon obstinée un dogme de la foi catholique (c’est-à-dire une proposition de la foi définie par l’Église comme vérité révélée). «L’hérésie est la négation obstinée, après la réception du Baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité.», définit le Catéchisme de l’Église catholique (cf. CEC, 2089). Une personne coupable hérésie est un hérétique et l’hérésie s’oppose à l’orthodoxie.

Le Code de Droit canonique insiste : « On appelle hérésie la négation obstinée, après la réception du baptême, d’une vérité qui doit être crue de foi divine et catholique, ou le doute obstiné sur cette vérité » (cf. Canon 751).

Toutefois, l’hérésie de se distingue d’une part du schisme qui consiste à rejeter l’autorité du Pape et des autres membres de l’Eglise catholique et se manifeste dans la rupture de communion, d’autre part de l’apostasie, qui est le rejet total de la foi.

Les premiers siècles de l’Eglise catholique ont été marqués par de nombreuses hérésies, obligeant les Pères de l’Eglise à les dénoncer pour défendre la foi catholique. On peut citer par exemple, Saint Ignace d’Antioche qui dénonce le docétisme, une hérésie du 2ème siècle qui refuse les souffrances et la mort de Jésus. Pour Saint Justin, l’hérésie est une fausse doctrine de Dieu, une œuvre du démon. Saint Irénée de Lyon, à travers son œuvre magistrale publiée en cinq volumes et intitulée « Adversus Hæreses » (« Contre les hérésies ») s’insurge contre es gnostiques qui menacent gravement la foi catholique en affirmant que le Salut est réservé à une élite d’hommes « spirituels » qui disposent d’une connaissance particulière réservée à certains élus.

Voici quelques exemples d’hérésie: nier la nature divine de Jésus, qui ne serait devenu Fils de Dieu qu’au moment de son baptême dans le Jourdain (Adoptionnisme) ou considérer que Jésus n’est pas de même nature que Dieu le Père (Arianisme) ; affirmer que le corps de Jésus est une apparence, que sa Passion et sa mort ne sont pas réelles (Docétisme) ou encore insister sur l’efficacité de l’effort de l’homme pour assurer son salut, en ignorant l’action de la grâce divine (Pélagianisme).

Il faut le reconnaître tout de même que les courants et groupes hérétiques qui se sont développés jusqu’à l’époque moderne ont à l’Eglise catholique d’approfondir les fondements de la foi chrétienne. Aujourd’hui la barque de Pierre est plus stable et solide sur le plan doctrinal.

Mais cela ne veut pas dire, pour autant, que les courants hérétiques ont complètement disparu de l’Eglise catholique de nos jours. Selon Karl Rahner, les tendances hérétiques des catholiques « semblent avant tout s’exprimer dans l’Eglise, et cela contribue peut-être à les préserver de cette « opiniâtreté » qui distingue l’hérésie « formelle » de l’hérésie simplement « matérielle » ».

Pour d’autres théologiens, l’hérésie est aujourd’hui surtout individuelle : «L’individu est plus conscient de lui-même qu’à d’autres époques, et l’affirme dans une propension à faire le tri dans les affirmations de foi. L’inculture religieuse peut aussi mener certains à l’hérésie de manière involontaire. Par exemple, beaucoup de chrétiens n’ont pas une compréhension claire de la Trinité.»

Enfin, les hérétiques, comme les schismatiques et les apostats, sont punis par l’excommunication (cf. Canon 1364).

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