Comment se déroule la cérémonie de dédicace d’une église ?

Chaque 9 novembre l’Eglise célèbre la Dédicace de la Basilique Saint-Jean de Latran, la Cathédrale du Pape, « Mère et chef de toutes les églises de Rome et du monde ». Elle est, effet, la première en date en dignité de toutes les églises en Occident. Elle a été érigée au IVème siècle par l’empereur Constantin, après la période des persécutions. Mais l’objet de chronique porte plutôt sur le sens de la cérémonie de dédicace d’une église. Comment se déroule-t-elle ?

La cérémonie de dédicace ou de consécration est millénaire. Elle confère, à la fois, à l’édifice sa destination et définit sa nature.

L’ « Ordo dedicationis ecclesiae et altaris », destiné à la consécration des lieux de culte (églises et autels fixes) et à la bénédiction des seuls objets requis pour la célébration de l’Eucharistie (calice et patène), précise : « Lorsqu’on érige une église comme un édifice destiné uniquement et de façon stable à rassembler le peuple de Dieu et à célébrer la liturgie, il convient de la consacrer par un rite solennel, selon la très ancienne coutume de l’Eglise ». Il organise le rituel, toujours présidé par l’évêque entouré de prêtres et des fidèles et non réitérable, autour de quatre grands rites.

Les différents rites de Consécration d’une église

  • Les rites d’ouverture

Tandis que la procession extérieure s’arrête aux portes de l’église, les délégués de ceux qui ont travaillé à sa construction (fidèles de la paroisse ou du diocèse, donateurs, architectes, ouvriers…) remettent l’édifice à l’évêque : soit les clefs, la maquette de l’église ou un livre qui décrit le déroulement des travaux et qui indique le nom des artisans de l’ouvrage. L’évêque charge alors le pasteur de la nouvelle église d’en ouvrir les portes.

Après l’entrée, l’aspersion est destinée d’abord aux fidèles en mémoire de leur baptême et ensuite aux murs et à l’autel. L’église, en tant qu’assemblée faite de personnes vivantes, passe avant le bâtiment puisque c’est la première qui justifie la seconde et lui donne sa valeur. La prière de l’évêque précise la destination du lieu : « …accorde à ton peuple ici rassemblé ainsi qu’à tous nos frères de venir y célébrer tes mystères…».

  • La liturgie de la Parole

Après le Gloria et la Collecte, l’évêque se saisit du Lectionnaire, le montre au peuple en disant : « Que toujours résonne en cette demeure la Parole de Dieu ; qu’elle vous révèle le Mystère du Christ et opère votre salut dans l’Église ».

La première lecture doit toujours consister dans le récit de la proclamation de la Loi de Moïse par le prêtre Esdras à Jérusalem en présence du peuple rassemblé. Les deux autres lectures sont à choisir parmi les textes proposés dans le Lectionnaire rituel.

  • La prière de la dédicace et les onctions

Après le Crédo, le rite proprement dit de la dédicace débute par le chant des litanies des saints suivi de la déposition possible des reliques des martyrs ou d’autres saints.

La grande prière de la dédicace, chantée par l’évêque les mains étendues, développe avec ampleur la théologie du mystère de l’Eglise dont l’église-bâtiment est le signe.

L’évêque procède ensuite aux rites symboliques en commençant par la consécration de l’autel avec l’onction du Saint Chrême. Les rubriques précisent que cet autel « doit être fixe ».

L’évêque répand d’abord l’huile sainte en son milieu puis aux quatre angles. Il pourra ensuite oindre la surface de la table pour donner au rite toute l’ampleur qu’il requiert.

L’onction est ensuite étendue sur les douze croix de consécration fixées aux parois de l’église, rappelant ainsi le verset du livre de l’Apocalypse évoquant l’Eglise du Christ fondée sur les « douze apôtres de l’Agneau inscrits sur les murs de la cité sainte ». L’église est ainsi consacrée tout entière au culte chrétien.

Après le rite de l’onction, l’encensement de l’autel figure parmi  les rites les plus expressifs lorsque les flammes recouvrent l’autel, qu’un nuage d’encens s’en dégage, que l’odeur parfumée envahit l’église.

Après que les ministres aient parcouru la nef pour encenser le peuple et l’édifice, des nappes sont mises sur l’autel, manifestant qu’il est la table du sacrifice eucharistique ; on allume des cierges, sur l’autel et devant chacune des croix de consécration, puis toutes les lampes possibles. Cette illumination a un caractère d’inauguration. De l’autel, la lumière se propage à tout l’édifice, en signe de joie, tandis que le diacre dit à haute voix : « Que resplendisse dans l’église la lumière du Christ et que parvienne à tous les peuples la plénitude de la vérité ! »

  • La liturgie eucharistique

Désormais, tout est prêt pour le rite essentiel de la célébration eucharistique : l’autel est recouvert d’une nappe tandis que l’évêque reçoit les offrandes à son siège. Le baiser de l’autel n’a lieu qu’à ce moment. Une préface propre ouvre la Prière eucharistique qui comporte des intercessions particulières. On note, après la communion, l’évêque inaugure solennellement le Tabernacle, la réserve eucharistique : rendu présent par le sacrifice de la messe, le Christ va désormais demeurer parmi les siens.

A noter, enfin, que chaque année, le calendrier liturgique prévoit l’anniversaire de la dédicace de chaque église. Le jour choisi pour l’anniversaire de la dédicace d’une église a rang de solennité pour cette église. »

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