Les Sacramentaux : leurs effets et leur efficacité

Souvent, à la sortie des offices liturgiques, il n’est pas rare de voir des fidèles qui demandent aux prêtres de bénir soit une médaille, une statue ou un quelconque objet religieux qu’ils viennent d’obtenir, ou encore de faire un signe de croix avec de l’eau bénite en entrant dans une église ou avant de sortir de leurs maisons. Ces gestes et tant d’autres sont des sacramentaux. Qu’est ce qu’un sacramental ? Quelle est la différence entre un sacramental et un sacrement ? Quels en sont les effets et son efficacité ? Voici ce qu’en dit l’Eglise catholique.


Qu’est ce qu’un sacramental ?

Le Catéchisme de l’Eglise Catholique (CEC) 
définit les sacramentaux comme « des signes sacrés (présentant) une
 certaine ressemblance aux sacrements » (cf. CEC, 1667). Mais ils
 ne sont pas des sacrements au sens strict pour deux raisons : ils n’ont, premièrement, pas été institués par le Christ mais par l’Église
 (« La Sainte Mère Église a institué des sacramentaux » (cf. CEC
, 1667)). Ensuite, les sacramentaux visent à signifier des effets surtout spirituels, obtenus par la prière de l’Église. Ils disposent les fidèles à recevoir l’effet principal des sacrements auxquels ils sont, en quelque sorte, ordonnés; par eux, les diverses circonstances de la vie des fidèles sont sanctifiées (cf. Sacrosanctum Concilium, 60, cf. aussi CEC, 
1667).

« Les sacramentaux ne confèrent pas la grâce de l’Esprit
 Saint à la manière des sacrements, mais par la prière de l’Église 
ils préparent à recevoir la grâce et disposent à y coopérer. » (cf. CEC
 1670)

La différence entre les Sacramentaux et les Sacrements

A la différence des sacrements qui sont au nombre de sept, les sacramentaux sont plus nombreux. Is varient, en effet, selon les époques et les lieux. Car 
« Il n’est à peu près aucun usage honorable des choses 
matérielles qui ne puisse être dirigé vers cette fin : la
 sanctification de l’homme et la louange de Dieu » (cf. CEC, 1670).

Les sacramentaux « répondent aux
 besoins, à la culture et à l’histoire propres au peuple chrétien 
d’une région ou d’une époque » (cf. CEC 1668).
 Ils expriment la foi de ceux qui les demandent et les utilisent. Ce qui est dit par la formule latine utilisée à leur égard, « ex opere operantis », pour signifier notamment que l’effet du rite dépend du travail effectué par le fidèle qui le reçoit, de son attitude et de sa disposition.
 Alors que l’Église enseigne que la grâce qui découle des sacrements est produite par la célébration du rite lui-même, et ne dépend pas de la bonne volonté ou de la sainteté de celui qui célèbre ou des destinataires. Sa valeur ressort de son institution divine, en vertu du travail déjà accompli par le Seigneur (en latin « ex opere operato »). Sans oublier, toutefois, que les fruits de la grâce du sacrement reçu ne sont pas automatiques, mais ils dépendent toujours des dispositions et de la fidélité active de ceux qui les reçoivent.

Les différentes catégories de sacramentaux

On distingue plusieurs catégories de sacramentaux :

  • les diverses consécrations de personnes, de choses et de lieux, pour les soustraire à l’usage profane, par exemple : la dédicace des églises, la consécration des autels et vases sacrés…
  • les bénédictions sous forme de prières adressées à Dieu pour obtenir une protection ou des grâces particulières, comme par exemple, la bénédiction des médailles religieuses, d’une statue religieuse, la bénédiction d’une maison, d’une voiture, etc…
  • les exorcismes qui visent à protéger les personnes ou les objets de l’action nuisible du démon.

Efficacité des sacramentaux


L’efficacité des sacramentaux dépend de la prière de l’Eglise et secondairement des dispositions du sujet pour certains sacramentaux :

  • la bénédiction d’une personne dépend à la fois de la prière de l’Eglise et des dispositions du bénéficiaire ;
  • la consécration d’un autel ne dépend que de la prière de l’Eglise ;
  • l’eau bénite ne dépend que de la prière de l’Eglise, mais son utilisation dépend des dispositions du sujet ;
  • pour les simples bénédictions de personne et les exorcismes, l’efficacité dépend plus des dispositions du ministre. Ainsi la sainteté et le charisme du ministre peuvent influer sur les effets en ce sens que cette influence ne fait qu’ajouter à ce que le sacramental produirait par lui-même.

On peut donc retenir que l’efficacité des sacramentaux pour les fidèles découle de la force d’intercession de l’Église, de la conversion du cœur tandis que leur finalité est de les préparer à communier avec Christ afin de lui devenir semblable. 
Ainsi, l’attente ultime des fidèles qui les demandent n’est pas d’être guéri ou apaisé mais de devenir comme le Christ. C’est à cela que les sacramentaux disposent. Il ne s’agit pas de protéger sa vie, mais bien au contraire de l’exposer, la donner au service de la gloire de Dieu et du salut du monde.

Des objets sacrés, des chapelets, des images saintes, de l’huile ou de l’eau bénite, ou des rites et des bénédictions qui caractérisent les sacramentaux ne découle donc aucune force magique.

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