Homélie 18ème Dimanche Ordinaire B : La foi, un chemin de reconnaissance

L’homélie de ce 18ème Dimanche Ordinaire B est présentée par l’Abbé Jean Joseph Diouf, prêtre du diocèse de Thiès.

Dans l’Evangile de ce dimanche (Jean 6, 24-35), la foule en mal de merveilleux suit Jésus sur l’autre rive du lac. La foule est souvent portée vers le merveilleux. Jésus veut, lui, faire passer du miracle au signe et au message donné. Un miracle sera toujours un geste merveilleux qui révèle la puissance de Dieu pour son peuple. Le signe apporte un message de vie. C’est ce passage que nous sommes invités à faire avec ce texte d’aujourd’hui.

Dans l’Evangile de Dimanche dernier, Jésus a nourrit beaucoup de personnes avec cinq pains et deux poissons. Aujourd’hui Il ajoute: « Je suis le vrai pain descendu du ciel. » Quel est ce pain donné par le Seigneur? Nous sommes des êtres en croissance qui  avons besoin de nourriture pour le corps, l’intelligence, le cœur et l’âme. Nous ne sommes pas seulement un animal à « gaver », nous sommes des êtres spirituels qui avons besoin d’une autre nourriture. La vie humaine est un chemin de croissance où nous apprenons à passer de l’enfance à l’adolescence, de la peur à l’audace, de l’ignorance à la connaissance…. Notre vie physique pour grandir a besoin de nourriture sinon elle s’anémie. Il en est de même pour notre vie spirituelle, comme nous avons aussi besoin de nourriture pour notre vie affective afin de devenir adulte et libre.

Jésus est le pain de vie. Le pain de Dieu n’est pas seulement ou d’abord fabriqué avec de la farine. Le pain du Christ est d’abord sa Parole, son témoignage de vie, son amour donné et partagé. Il ne faut pas réduire la nourriture du Christ à l’Eucharistie. S. Jérôme écrit: « Pour moi, j’estime que l’Évangile est le corps du Christ et que les Saintes Écritures sont sa doctrine. Quand le Seigneur parle de manger sa chair et boire son sang, cela peut  s’entendre de l’Eucharistie, cependant son vrai corps et son vrai sang, ce sont la Parole des Écritures et sa doctrine. »  La première nourriture donnée par le Seigneur est sa Parole de vie, son témoignage. Se nourrir du Christ, c’est d’abord établir un bon compagnonnage avec lui et se laisser transformer par sa Parole de vie.

Dans le geste de la multiplication des pains, dans cette parole qui nous révèle qu’Il est le pain de vie, Jésus veut nous faire passer de l’enthousiasme d’une foi qui nait du merveilleux à une foi profonde qui nait du coeur et qui marque la vie. Jésus se dit une nourriture, Il n’est pas d’abord quelqu’un que l’on adore mais que l’on mange pour avoir la force  de vivre comme lui et de continuer sa mission. En Ézéchiel nous lisons: « Fils d’homme, ce qui t’est présenté mange-le, mange ce rouleau et va parler à la maison d’Israël. » Ez. 3, 1-4. Avant de parler, de témoigner, nous devons d’abord nous nourrir à la Parole du Seigneur. Le Pape François nous invite à être des «contemplatifs de la Parole pour avoir la parole juste pour la dire à nos contemporains. »

Si nous nous bornons à l’Eucharistie, nous risquons de demeurés au niveau du rite ou de dévotion et de perdre l’essentiel du message de Jésus Christ. Communier au Christ, c’est communier à nos frères et sœurs au quotidien, c’est communier dans sa Parole, c’est communier à sa présence dans l’Eucharistie. Le pain de l’Eucharistie est le signe de cette force que nous donne le Seigneur de communier à lui dans notre quotidien.   Communier au Christ n’est pas d’abord recevoir un pain mais de se laisser transformer par lui au quotidien. C’est pour cela que Jésus a donné sa vie.

Dieu notre Père, augmente notre foi en Jésus ton envoyé: que nos yeux s’ouvrent à son mystère, que nos oreilles entendent sa Parole. Alors dans la joie de l’Esprit Saint, nous verrons son œuvre s’accomplir.

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