Eucharistie : accords et désaccords entre catholiques et protestants

Catholiques et protestants ont en commun la foi en l’eucharistie, instituée par le Christ, le soir du Jeudi Saint, selon le témoignage des évangiles (Mt 26, 26-28 ; Mc 14, 22-24 ; Lc 22, 19-20). Des récits qui constituent le cadre de référence des paroles de la consécration eucharistique, reprenant celles de Jésus : « Ceci est mon Corps » et « Ceci est mon Sang ». Pour eux l’Eucharistie est un sacrement, c’est-à-dire un « signe » reçu du Christ pour le Salut des hommes. Mais, ils ne s’entendent pas sur la notion de sacrement.

Les catholiques considèrent que l’eucharistie est à la fois un sacrement et un sacrifice. Elle est un signe qui manifeste la présence de Dieu (dans l’hostie) mais aussi un sacrifice offert à Dieu en action de grâce. Les protestants acceptent que l’eucharistie (appelée Sainte Cène) est un sacrement mais ne l’intègrent pas comme sacrifice.

Sur le plan du sacrement, en lui même, pour les catholiques, lorsque le prêtre prononce les paroles de consécration, le pain et le vin deviennent Corps et Sang du Christ. Un « phénomène », appelée dans la théologie catholique la « transsubstantiation ». Bien sûr, le pain et le vin conservent leurs aspects extérieur, de même que leur goût mais leur substance (leur réalité essentielle) devient tout autre, pour se transformer en Corps et Sang de Jésus-Christ. Pourvu seulement que le prêtre soit validement ordonné et prononce correctement ces paroles, sur la matière requise, c’est-à-dire le pain et le vin, mêlé d’un peu d’eau.

L’Eucharistie est un signe porteur de grâce et de salut qui exige la foi en ce mystère (la transsubstantiation) pour produire ses bienfaits. C’est ainsi que pour le catholique, l’eucharistie est la chose la plus sainte qui soit : c’est le Christ lui‐même !

Chez les protestants, par contre, on observe une vision différente suivant les enseignements de Luther, de Zwingli, de Calvin ou d’autres encore. Les luthériens parlent de « consubstantiation », pour exprimer que le pain et le vin restent du pain et du vin tout en devenant Corps et Sang du Christ, au moment où le pasteur prononce les paroles de consécration. Le pain et le vin ne sont ainsi que des supports temporaires de la présence du Christ.

Considérant que le Christ n’est plus présent physiquement sur la terre depuis son Ascension, Zwingli, réformateur protestant, défend la thèse d’une présence uniquement d’ordre spirituel. Ainsi, le pain et le vin signifient ce mode de présence, pour aider les fidèles à se souvenir des événements qui se sont déroulés au moment de la dernière Cène et à accueillir la présence spirituelle du Christ au milieu des siens ; présence qui est à l’origine de la communauté chrétienne.

Jean Calvin partage cette thèse et ajoute qu’au moment où le fidèle reçoit le pain et le vin, il se produit effectivement une transformation. Mais c’est le cœur du fidèle qui se transforme, en accueillant en lui la présence spirituelle et immatérielle du Christ.

Comme quoi, le Cardinal nigérian Francis Arinze, Préfet émérite de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, a bien raison d’inviter les protestants à devenir catholiques pour recevoir la communion, dans des propos rapportés par Catholic Herald.

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