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Sénégal
4 décembre 2021
FidesPost
EGLISE UNIVERSELLE VIE CHRETIENNE

Inculturation et Religion Traditionnelle Africaine : témoignage d’un missionnaire spiritain

Lors de la dédicace et présentation de mon livre « s’enraciner en Dieu pour vivre vrai », dans le débat qui a suivi, une question m’a été posée : celle de l’inculturation et de religion traditionnelle africaine. En effet j’ai eu l’occasion tout au long de ma vie missionnaire de vivre certaines choses dans ce domaine, qui m’ont beaucoup enrichi.

Au niveau de la Liturgie

Il est bien évident que j’ai toujours célébré la messe et les sacrements dans la langue locale. Mais beaucoup plus que cela, par exemple au Congo-Brazzaville, j’ai participé aux recherches avec l’abbé Dominique Kimbembo, et la mise en place du rite congolais de l’Eucharistie. Avec l’autorisation de l’archevêque, nous célébrions l’eucharistie selon la démarche des rencontres familiales, des palabres et des réconciliations traditionnelles. D’abord les salutations, ensuite le crédo, (je crois en Dieu) pour nous rappeler ce pourquoi nous sommes là et redire ensemble notre foi, et tout de suite après, le partage de la Parole de Dieu. C’est seulement après ce partage que nous demandions pardon à Dieu et les uns aux autres, à la lumière de la Parole entendue. Et après cela le sacrifice eucharistique, comme cela se fait dans les réconciliations traditionnelles. Après la réconciliation, on offre un sacrifice aux ancêtres, en mangeant ensuite ensemble l’animal sacrifié.  Au Congo, on se réconcilie en se lavant les mains les uns les  autres en public, dans  la même cuvette. Nous avons repris ce rite dans l’eucharistie.  Cette façon de célébrer me semblait plus humaine et beaucoup plus pédagogique. Malheureusement, elle a été peu à peu abandonnée.

Pour la consécration de nos églises, avec le Cardinal Emile BIAYENDA, nous avions repris les rites de la consécration de la case des ancêtres où se faisaient les sacrifices. D’abord en faisant le tour du village en chantant pour appeler les ancêtres. Ensuite en creusant un trou au pied de l’autel, où nous déposions des noix de palmes l’une après l’autre, symbolisant les ancêtres convoqués, en les invoquant, pour qu’ils soient présents ensuite à chaque sacrifice eucharistique que nous célébrions. Au pied de l’autel, nous versions régulièrement de l’eau bénite en signe de respect pour eux. Et nous  les invoquions spécialement au moment de la Toussaint.

Au Congo il n’y avait pas, ou il ne reste plus, d’initiation traditionnelle. Aussi pour célébrer le baptême, mort et résurrection avec Jésus Christ, nous avions repris les rites de la levée du deuil (Matanga) : le bain, le matin de Pâques à la rivière, ensuite après le baptême, la procession des nouveaux baptisés, le revêtement de nouveaux habits blancs et l’entrée dans la communauté en dansant.

Déjà la semaine sainte était vécue selon la même démarche avec toute la communauté : le jeudi saint selon le rite de réconciliation, le vendredi saint où les chrétiens étaient appelés à porter le deuil traditionnel et toute la nuit la veillée mortuaire de la mort de Jésus Christ pour pouvoir ensuite célébrer la résurrection comme je l’ai dit au matin de Pâques.

A Tambacounda, pour la célébration des étapes du baptême, nous avons repris les rites de l’initiation traditionnelle chez les ‘’bassari’’ avec le pagne, l’arc etc. et l’utilisation de nombreux symboles : les masques…. puisque l’initiation continue d’être pratiqués. Car il est nécessaire d’utiliser des symboles et des rites encore vivants et compréhensibles par les intéressés

De même en Guinée à Mongo, où se pratique toujours l’’initiation traditionnelle, nous avons gardé les gestes et un certain nombre de rites pour les étapes du baptême. Mais dans toute la liturgie, nous avons aussi beaucoup utilisé les symboles : le feu, la pierre, l’eau, l’huile, l’arbre, les palmes etc…après un temps de réflexion avec les catéchistes et les anciens, et des explications et discussions avec toute la communauté. Cela pas seulement pour visualiser et concrétiser la liturgie pour une population où beaucoup sont analphabètes, mais parce que tous ces objets ont un sens profond dans la religion traditionnelle, de même que par exemple la cola.

Pour la célébration du mariage, dans ces différents pays et jusqu’à maintenant, j’ai toujours recherché à utiliser les rites du mariage traditionnel. Au début de la célébration, ce sont les parents de chacune des 2 familles qui introduisaient à tour de rôle le fiancé et la fiancée, en leur donnant les bénédictions traditionnelles pour que le mariage dure. Avec l’offrande de la cola, le don du fiancé à sa fiancée dans une calebasse qu’elle va déposer ensuite au pied de l’autel, la présentation des lames de fer traditionnelles signes du mariage (Bisengo), la remise du vin par le fiancé au prêtre devant toute la communauté. J’explique alors : » lorsque tu as marié  ta femme  tu as été voir son père biologique pour la marier. Tu lui as offert du vin et des cadeaux traditionnels devant toute la famille. C’est une bonne chose. Le mariage traditionnel, c’est très important, il faut le respecter. Mais ta femme a un Père, qui est Dieu. Elle a une famille, la famille de Dieu. Jusqu’à maintenant tu n’avais offert ni le vin ni les cadeaux en présence de la famille chrétienne dont ta femme fait partie, et en présence de Dieu qui est son Père. Tu es venu le faire aujourd’hui dans ce sacrement du mariage. Et moi le prêtre en tant que responsable de la famille chrétienne et le représentant de Dieu notre Père, je vais accepter ce vin, signe de votre mariage devant Dieu et devant la famille chrétienne. Et nous allons prier pour vous et nous engager avec vous, comme le Christ s’engage envers nous et avec nous ». J’essaye donc de donner sa place à la communauté dans la célébration (intentions de prières libres de l’assemblée, procession, signes de paix chants et danses.…) et en particulier aux témoins de mariage en leur donnant la parole. Et aussi d’adapter la célébration selon les différentes ethnies : par exemple le coton chez les sérères ou le riz chez les diolas en signe de bénédiction et de fécondié, le as en avant chez les mandjaques…même actuellement quand je célèbre le mariage en ville. Mais malgré une préparation de la célébration avec les fiancés et leur famille et une explication à la communauté, j’ai souvent rencontré des problèmes, suite à un manque de compréhension. D’autant plus que les choses ne sont pas décidées officiellement, et que non seulement tout le monde ne fait pas la même chose, mais qu’il n’y  a pas de recherche sérieuse dans ce sens, selon mon point de vue. On parle beaucoup d’inculturation, mais elle se limite souvent à  des danses d’offertoire.

Je souffre de voir que jusqu’à maintenant, plus de 50 ans après tout ce que le concile Vatican II a dit sur la liturgie, on continue à célébrer les baptêmes et ses différents étapes, les mariages et les enterrements selon le rituel français, et qu’on n’a aucun rituel pour le Sénégal. Avec les catéchistes de Pikine, nous avons composé un livre de prière pour célébrer les rites et les moments importants de la vie. Non pas les sacrements du baptême ou du mariage mais la présentation de l’enfant et la prière au moment de sa naissance, le mariage coutumier lorsque le fiancé vient prendre la fiancée chez lui, pour les malades, et aussi pour les enterrements, de manière à évangéliser les étapes de la vie. Le vicaire épiscopal a la liturgie m’a demandé de présenter ce livret au doyenné des Niayes, ce que j’ai fait.

L’inculturation  de la foi

La religion traditionnelle est à la fois une religion et une culture. Les deux sont inséparables. Et en tout cas, l’inculturation ne peut absolument pas se limiter à la liturgie, même si c’est une dimension essentielle de la vie chrétienne. Le respect de la religion traditionnelle africaine sera donc d’abord de voir, comment garder les valeurs traditionnelles dans le monde d’aujourd’hui. En effet, la mondialisation vient casser les cultures. Et de toute façon, le monde a changé. On ne peut pas revenir en arrière. Il est essentiel de garder ses racines et donc les valeurs traditionnelles que les anciens nous ont laissées. En les analysant, en les critiquant, en essayant de garder le positif et de laisser le négatif. Mais aussi en essayant de voir comment vivre ces valeurs dans le monde d’aujourd’hui, sinon elles vont disparaitre. Par exemple il est essentiel de garder le sens de l’accueil, l’hospitalité. Autrefois au village, on avait une grande cour, où on pouvait accueillir tout le monde; mais si tu habites en ville dans une ou deux pièces, tu ne peux plus accueillir tous ceux qui viennent chez toi. Comment alors garder l’hospitalité malgré tout dans le monde moderne ? Que faire et comment le faire ? On dit que le Sénégal est le pays de la Téranga, de l’accueil. Mais on ne peut pas se limiter à l’accueil des touristes qui apportent de l’argent. Le premier accueil à vivre, c’est d’abord avec les petits de la société et les handicapés. Sinon il n’a aucun sens. On parle beaucoup du respect traditionnel de la vie. Il est essentiel de garder cette dimension. Mais on ne peut pas oublier actuellement la violence, les meurtres, l’assassinat et les avortements. Comment conserver la dimension sacrée de la vie, et l’amour des enfants qui continuent, la vie reçue des ancêtres. De même le Ngor et le Diom, le sens de la dignité, sont important. Comme le dit la devise de l’armée sénégalaise « on nous tue, mais on ne nous humilie pas ». Mais cela peut devenir de l’orgueil et une façon d’écraser les petits.

Nous avons souvent réfléchi à cette question : comment vivre nos vertus traditionnelles dans le monde d’aujourd’hui, d’abord dans nos CEB (communautés chrétiennes de base). On ne peut pas se passer d’une réflexion en profondeur sur tous les  gestes de protections et de bénédictions que l’on recherche trop souvent dans nos groupes de prière. Le devin fait parfois des miracles, mais qui est derrière lui ? Après avoir offert le sacrifice du Christ dans l’eucharistie, des chrétiens continuent à faire des sacrifices traditionnels. Qu’est-ce que cela veut dire ? Comment vivre leur foi dans ces conditions, et surtout comment garder le courage en cas de malédiction ?  Et comment lutter contre et refuser d’utiliser les malédictions et les accusations de sorcellerie ? Et ne plus chercher qui est responsable, quand quelqu’un de la famille est malade ou décédé.

Inculturation des communautés chrétiennes de base (CEB).

D’abord pour la réunion de communauté, en reprenant la démarche des rencontres familiales et du palabre : on commence par se donner des nouvelles pour partager la vie de chaque jour, après les salutations et les bénédictions qui sont très importantes.

Et surtout dans l’organisation du bureau où, au lieu d’un président, nous avons mis en place une équipe de quatre : un homme, une femme, un jeune homme et une jeune fille : ensemble, ils sont co-responsables de la communauté pour respecter les classes d’âges traditionnelles et la séparation traditionnelle dans le rôle des hommes et des femmes.

Nous avons tenu à ce qu’il y ait dans la communauté, comme dans les villages, des conseillers (les sages) pour régler les problèmes et les difficultés, aussi bien entre chrétiens qu’avec les autres personnes du quartier, et toujours en nous appuyant bien sûr sur la Parole de Dieu, par exemple Matthieu 18, 16-25 :« Si ton frère a péché…dis-le à la communauté » et Première aux Corinthiens 6,1-12 « Pourquoi allez-vous  devant les tribunaux païens ? ». Dans ces communautés, nous cherchons à donner sa place à chacun dans le partage de la réflexion et des actions à mener. C’est dans ces communautés que nous avons mis en place une méthode pour partager la Parole de Dieu, et que nous avons élaboré ces schémas de prières pour les rites de naissance, de l’adolescence, des fiançailles, de la mort, de la levée du deuil comme je l’ai expliqué  plus haut.

Pour l’éducation sexuelle qui est tellement importante pour les jeunes, j’ai toujours recherché à en faire une vraie éducation. Et donc à garder la dimension sacrée traditionnelle de la vie et du monde. Casser ou  salir la sexualité, c’est salir le monde entier. Car dans la tradition, le monde entier est sexué : la terre est  femme et le ciel est homme. Car c’est l’homme qui féconde la femme, comme le ciel féconde la terre par la pluie. Le soleil est masculin, la lune féminine. C’est pour cela que le mot pour désigner le cycle de la femme, les règles, c’est le même que celui  qui désigne la lune. Ce qui nous appelle à respecter l’un et l’autre dans sa différence et la complémentarité, avec des conséquences pratiques. Comme le disaient les anciens : si un homme va violer une femme par exemple au travail des champs, ce n’est pas seulement cette femme qu’il a Sali, mais la terre elle-même. Et tant qu’on n’aura pas fait un sacrifice pour demander pardon aux ancêtres, la terre ne donnera pas de fruits. Toucher à la sexualité, c’est toucher à l’organisation du monde entier.

De même, j’ai toujours cherché à faire comprendre dans les rencontres de préparation au mariage, que le   mariage n’est pas seulement une question d’amour. Ce n’est pas seulement une affaire entre un garçon et une fille. C’est l’alliance de deux familles. Dans la célébration du sacrement de mariage à l’église, il est donc important que ces deux familles soient impliquées et ps seulement présentes : qu’elles aient leur rôle et  leurs responsabilités. Et que les mariés aient non seulement le souci de se sanctifier l’un l’autre, mais aussi de sanctifier ensemble leurs deux familles. Et j’ai tenu à ce que, lorsqu’ils viennent à cette préparation  au mariage, ils aient conscience de former une classe d’âge, dans laquelle il est essentiel qu’ils se connaissent et qu’ils se soutiennent les uns les autres. Ils sont entrés dans le bois sacré chrétien, pour une véritable initiation. Tout comme le baptême. On parle souvent d’initiation chrétienne mais on a complètement oublié les valeurs de l’initiation traditionnelle. Il y a là beaucoup de choses à chercher.

En cas de maladie, je me suis beaucoup inspiré pour le soutien des malades et de leur famille de ce que j’ai vécu, en particulier au Congo. Lorsque quelqu’un est malade et que l’on va chez le guérisseur traditionnel, avant même de le soigner et de lui donner des médicaments, celui-ci demande à toute la famille de se rassembler pour se réconcilier, ce que l’on appelle « la confession des péchés ». Ce n’était pas une confession sacramentelle, mais une réconciliation dans la famille. Car on pense que si le malade n’a pas la paix dans le cœur, et s’il ne vit pas en paix avec les autres membres de sa famille, il ne pourra pas guérir. Parce qu’il ne s’agit pas seulement de guérir le corps, mais aussi de guérir l’esprit et le cœur. Après cette réconciliation, le guérisseur fait un sacrifice. C’est pour cela qu’il me semble important qu’en cas de maladie, les chrétiens viennent célébrer le sacrifice de Jésus Christ, le sacrifice de l’Eucharistie pour leurs frères ou leurs sœurs malades. Et qu’ils n’oublient pas la conception traditionnelle de la coresponsabilité communautaire familiale, dans le bien et dans le mal. Et pas seulement la responsabilité personnelle. Cette dimension sociale et communautaire du sacrement des malades, comme de tous les sacrements, est très importante, dans la mesure où l’Evangile nous est venu d’une société et d’une culture occidentale souvent individualiste. Nous risquons beaucoup de la perdre dans notre Eglise. C’est avec raison, que nos évêques nous ont rappelé avec force que l’Eglise c’est une famille : la Famille de Dieu.

Pour la catéchèse, il me semble absolument essentiel de voir comment se faisait l’initiation traditionnelle, qui n’était jamais un simple enseignement théorique, mais un apprentissage de la vie. Il me semble également essentiel de redonner tout son rôle au parrain et à la marraine, dès le début de la catéchèse sans attendre le jour du baptême, simplement pour faire des cadeaux. J’ai appris à Tambacounda, chez les bambaras, que les jeunes étaient confiés à un parrain ou à une marraine, quelqu’un qui les suivait pendant le temps de l’adolescence, qui les préparaient au passage à la vie adulte et également au mariage, en veillant à ce que les jeunes filles restent vierges jusqu’au mariage. C’est pour cela qu’à Pikine, nous avons demandé à ce que ce soit les responsables de la communauté qui aillent inscrire les catéchumènes auprès des catéchistes, accompagnés bien sûr par les parents des enfants lorsqu’il s’agit d’enfant, ou du conjoint lorsqu’il s’agit d’adulte. Et nous avons insisté surtout, pour que les catéchumènes ne soient pas admis au sacrement à partir d’un examen de type scolaire, une interrogation sur des connaissances théoriques, mais que  ce soit en réunion de communauté, dans la réunion de quartier, que les catéchumènes soient admis devant tout le monde : après que les responsables de communautés aient donné leur avis sur le comportement des catéchumènes, que les parents aient donné leur point de vue sur le comportement de leur enfant ou le conjoint sur le comportement de son mari ou de sa femme. Et également après avoir entendu le parrain et la marraine. Que ce ne soient pas les catéchistes tout seul qui choisissent et admettent les catéchumènes au sacrement, et surtout pas uniquement à partir de connaissances théoriques. La catéchèse est une initiation, ce n’est pas un cours scolaire.

Le Pape François a beaucoup insisté sur le respect de la création. Il me semble que pour cela, il faudrait s’appuyer sur le respect traditionnel de la nature, de la terre notre mère, le respect des forêts à partir des bois sacrés. Pour vraiment enraciner notre action pour le respect de la création dans nos traditions, nos cultures et aussi nos religions traditionnelles.

Ce sont là quelques premières réflexions que j’ai voulu tout de suite noter par rapport à cette question de l’inculturation et de religion traditionnelle. Il est bien évident qu’il faudra approfondir les choses, et continuer la recherche. Elle me semble absolument essentielle pour l’avenir. Non seulement de l’Eglise, mais de la vie toute entière dans le monde.

Père Armel Duteil, spiritain

2 commentaires

Joseph Diop 9 novembre 2021 at 18 h 04 min

Merci mille fois au père Armel pour cette profonde réflexion.
Nous avons à assumer notre véritable identité en tant que sénégalais voire afrigains pour mieux vivre notre appartenance au Christ et à la famille de Dieu qu’est L’Eglise.

Reply
Adrien 12 novembre 2021 at 11 h 57 min

De belles initiatives qui peuvent aider pour une liturgie locale.
Il me semble important de Toujours expliquer le sens des Rites adoptés, parce que je ne suis pas sûr que tout le monde dans l’assemblée en ait la même idée surtout en ville (diversité d’ethnies, diversité de niveaux de formation à nos cultures traditionnelles,…).
Félicitations pour les efforts déployés.
Que Dieu bénisse et éclaire son Église !

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