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Sénégal
6 juillet 2022
ACTUALITE Nationale VIE CHRETIENNE

Flambée de la violence au Sénégal : Mgr Martin Tine exprime sa tristesse et sa préoccupation

Devant la flambée de la violence notée depuis un certains temps au Sénégal, Mgr Martin Tine a exprimé sa tristesse et sa préoccupation. « On est devenu violent pour un oui ou pour un non. Des familles sont en train d’être détruites par la violence », a relevé l’évêque du diocèse de Kaolack. Il s’est exprimé face à la presse, au cours d’une rencontre préparatoire au prochain pèlerinage marial de Poponguine, organisée par la Commission nationale de communication de l’évènement, prévu les 4, 5 et 6 juin 2022.

« Il n’y a pas un seul jour qui passe sans que l’on constate à la télévision, dans les journaux et autres supports médiatiques des situations de violence dans les familles. C’est vraiment triste et préoccupant. C’est comme si on laissait faire et la violence gagne du terrain aussi bien dans la société que dans les cœurs. On est devenu violent pour un oui ou pour un non. C’est inimaginable » a d’abord observé Mgr Matin Tine, avant de s’interroger : « Comment en sommes-nous arrivés à ce point au Sénégal ? »

Pour lui, cette recrudescence de la violence dans notre pays est le résultat d’une situation qui couvait déjà dans notre société : « On parle du Sénégal comme d’un havre de paix, mais au fond couve dans notre société une violence inouïe. Même si aux yeux du monde, il n’y a pas la guerre, des familles sont en train d’être détruites par la violence. Que dire alors des relations entre un individu par rapport à un autre… Il y a assurément quelque chose à faire et nous tous, nous devons nous en rendre compte ».

Toutefois, au-delà de ces constats, l’Évêque du diocèse de Kaolack interpelle ses concitoyens et les familles pour contribuer à l’éradication de la violence dans notre société. Cela passe d’abord par une prise de conscience sur le fait que la violence s’enracine dans le cœur de chacun d’entre nous et la culture de la fraternité.

« Il nous faut prendre conscience que la violence s’enracine initialement dans le cœur de chacun d’entre nous. C’est dans nos cœurs que nous projetons et entretenons de mauvaises idées vis-à-vis des autres. C’est à ce niveau que nous devons avant tout travailler. Nous ne sommes pas appelés à vivre dans cette violence, dans ce mal les uns à l’égard des autres, mais plutôt à une fraternité, pour reconnaître en l’autre un frère ou une sœur, être capable aussi de dépasser l’erreur qu’il a pu commettre à mon égard et lui accorder le pardon. Mais nous vivons pratiquement dans la loi du talion : « œil pour œil, dent pour dent ». On est devenu impatient, intransigeant avec les autres. Vraiment ça fait mal de constater cela dans notre Sénégal d’aujourd’hui. On crée beaucoup de souffrances qui ne sont pas souvent prises en compte dans des démarches de guérison. On va de souffrance en souffrance et la société devient finalement victime de la violence et la reproduit », explique Mgr Tine.

Il compte ensuite sur l’éducation dans les familles, encourageant les parents « à ne pas laisser les jeunes grandir avec une certaine façon de communiquer qui ne tient pas compte du respect dû aux parents, aux aînés, aux frères et sœurs et aux autres ». « A langueur de journée, on entend des paroles qui blessent devant des parents qui laissent faire. Ce qui fait que des gens grandissent dans une ambiance de violence, qui se déchaîne à la moindre occasion, soit dans notre propre famille ou dans la famille d’autrui, et souvent pour un rien », a-t-il enfin déploré.

Fidespost

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