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Sénégal
8 février 2023
ACTUALITE

En cas de privation de messe, comment faire sa Communion spirituelle ?

Les Evêques du Sénégal ont décidé de suspendre, hier, 17 mars 2020, les messes, autres offices religieux et les rencontres drainant beaucoup de monde dans les paroisses jusqu’après Pâques. Ce, par devoir de solidarité citoyenne et de charité chrétienne pour contribuer à la campagne nationale d’endiguement de la pandémie du coronavirus. Pour beaucoup, il ne reste plus qu’à suivre les messes diffusées en direct. Face à cette situation de privation de célébration sacramentelle de l’eucharistie, ils ont exhorté les fidèles « à croire à la communion spirituelle ». Mais qu’est ce que la communion spirituelle ? Comment la faire ?

Comme l’a rappelé le Pape François, après la prière de l’Angélus du dimanche 15 mars 2020, « la communion spirituelle est une pratique très recommandée » par l’Eglise catholique. Elle est très ancienne et a été évoquée par saint Augustin bien avant saint Thomas d’Aquin.

Saint François de Sales en parle en ces termes : « Quand vous ne pourrez pas avoir ce bien de communier réellement à la sainte messe, communiez au moins de cœur et d’esprit, vous unissant par un ardent désir à cette chair vivifiante du Sauveur ».

La communion spirituelle désigne alors la communion de désir dans une situation d’empêchement de recevoir la communion sacramentelle ou l’hostie (Corps du Christ). Il s’agit d’un acte de foi et de désir de la communion eucharistique du fidèle qui demande à Dieu de verser en lui les grâces qu’il aurait aimé recevoir en communiant sacramentellement mais qu’il ne peut pas recevoir.

Cette faculté repose sur un principe admis dans l’Église selon lequel le désir supplée l’acte lui-même. C’est le cas du baptême de désir. Une personne mourant dans l’impossibilité de recevoir le baptême qu’elle désire ardemment, meurt baptisée.

Est-elle efficace comme la communion sacramentelle ?

Pour l’Eglise catholique, la communion spirituelle porte les mêmes fruits que la communion sacramentelle. Elle considère, en effet, que si le Seigneur a lié sa grâce aux sacrements, il n’est pas lié par les sacrements (cf. CEC 1257). Le Seigneur peut aussi donner sa grâce en dehors des sacrements.

Les conditions requises pour la Communion spirituelle

La communion spirituelle suppose les mêmes conditions que celles requises pour la communion sacramentelle. Elle nécessite, selon plusieurs auteurs, de faire l’acte de contrition ou le « Confiteor » ; d’exprimer la foi en la présence réelle de Jésus au Saint-Sacrement ; de faire l’acte de désir par lequel on s’approche de l’autel en esprit comme si on recevait l’hostie des mains du prêtre ; et l’action de grâce vécue de la même manière que si l’on avait communié sacramentellement.


Quid les fidèles en rupture de communion avec l’Eglise catholique ?

Pour une personne qui, en raison d’un péché grave ou d’une situation de vie particulière, ne peut pas accéder à la communion sacramentelle, la une communion spirituelle est plutôt une tension vers le pardon du péché et vers la conversion de vie. On appelle alors cette communion spirituelle au sens large le « désir de la communion » (cf. Benoît-Dominique de La Soujeole, o.p., « Communion sacramentelle et communion spirituelle », in Nova et Vetera (février 2011), p. 147 ss).

Exemple d’acte de communion spirituelle

Voici un acte de communion spirituelle proposé par un évêque[1]  à ses fidèles :

« Seigneur Jésus, je crois fermement que Tu es présent dans le Saint Sacrement de l’Eucharistie. Je T’aime plus que tout et je Te désire de toute mon âme. « Après toi languit ma chair comme une terre assoiffée » (psaume 62)
Je voudrais Te recevoir aujourd’hui avec tout l’amour de la Vierge Marie, avec la joie et la ferveur des saints.
Puisque je suis empêché de Te recevoir sacramentellement, viens au moins spirituellement visiter mon âme.
En ce temps de carême, que ce jeûne eucharistique auquel je suis contraint me fasse communier à Tes souffrances et surtout, au sentiment d’abandon que Tu as éprouvé sur la Croix lorsque Tu t’es écrié : « 
Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ».
Que ce jeûne sacramentel me fasse communier aux sentiments de Ta Très Sainte Mère et de Saint Joseph quand ils T’ont perdu au temple de Jérusalem, aux sentiments de Ta Sainte mère quand elle Te reçut, sans vie, au pied de la Croix.

Que ce jeûne eucharistique me fasse communier aux souffrances de Ton Corps mystique, l’Église, partout dans le monde où les persécutions, ou l’absence de prêtres, font obstacle à toute vie sacramentelle.

Que ce jeûne sacramentel me fasse comprendre que l’Eucharistie est un don surabondant de Ton amour et pas un dû en vue de mon confort spirituel.

Que ce jeûne eucharistique soit une réparation pour toutes les fois où je T’ai reçu dans un cœur mal préparé, avec tiédeur, avec indifférence, sans amour et sans action de grâce.

Que ce jeûne sacramentel creuse toujours davantage ma faim de Te recevoir réellement et substantiellement avec Ton corps, Ton sang, Ton âme et Ta divinité lorsque les circonstances me le permettront.

Et d’ici là, Seigneur Jésus, viens nous visiter spirituellement par Ta grâce pour nous fortifier dans nos épreuves.
Maranatha, viens Seigneur Jésus. »


[1] Mgr Raymond Centène, Evêque de Vannes (France)

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