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Sénégal
31 octobre 2020
FidesPost
ACTUALITE Nationale

Bateau Le Joola : Un 26 septembre sous les eaux. Où en sommes-nous ? (Par Blaise Guignane Sène)

Il y a de cela 18 ans notre ferry « le Joola » coulait sous les eaux, emportant dans les profondeurs de l’océan nos parents et amis.

Il y a de cela quelques années, nous nous réveillions dans les pleurs et le regret. Regret de devoir rompre pour l’éternité des liens solides et affectifs. Ce fut le regret des jours maussades. Hélas le destin s’en allait s’accomplissant. La vie, notre vie, devenait fade, dénuée de toute saveur, plaquée au sol pour certains, sous les eaux pour d’autres. Le dieu des eaux venait de nous infliger une souffrance légitime.

Tant de réprimandes et de questionnements après les pleurs, avaient envahi le commun des mortels. Pourquoi? Comment? Quand ? Au-delà la souffrance des familles, la vie tournait ainsi au ralenti et roulait sur des résolutions qui ne durèrent point. Nullement.

Les autorités venaient de prendre conscience des faits et de leurs conséquences: il fallait remettre sur les rails les bonnes habitudes, les comportements citoyens qui font qu’un pays, est adulé.

Nous échangions sous des visages truffés de garnitures éhontées sur la nécessité de repenser notre discipline de vie citoyenne. Toute la communauté avait pris conscience qu’il fallait procéder au nettoyage des écuries d’Augias sans attendre un probable refoulement d’une épave charcutée par notre laxisme. Où en sommes-nous cher tous? Dans ce cafouillage et ce partage de responsabilités, il fallait chercher des bouc-émissaires. Nous n’en avons pas et il n’y en aura jamais aussi longtemps que nous ferons de l’impunité un lit de bonheur. Cet éphémère bonheur s’est trouvé envahi par une pandémie en nous rappelant qu’il faut de la discipline et de la rigueur dans la conduite des affaires publiques. Une batterie de mesures disciplinaires a été soulevée. Où en sommes-nous ? Aucun changement, aucune prise de conscience puisque le mal qui a fait couler notre joyau maritime est toujours dans notre modus vivendi. Le fatum que nous évoquons à tort et à travers est en effet la suite d’une montagne d’erreurs provoquées par l’homme et tragiquement perpétué par sa descendance. Mais notre fatum en réalité est entre les mains d’un Dieu miséricordieux. Un Dieu qui laisse l’homme asseoir les étais de ce même fatum. Hélas nous en avons fait une habitude: « ndogalou yalla la ».

Devrions-nous imposer aux uns et autres une discipline de vie citoyenne?

Il est temps et il faut le faire puisque nous prônons la liberté de conscience et le changement de mentalité .Il ne faut plus, en effet, laisser les « profanes » entrer dans le temple sacré, dans ce temple de la discipline et du savoir-vivre. Rendons sacrée notre vie de tous les jours. Tout ce qui ne devrait pas pénétrer dans le temple se vêt inéluctablement du profanum et attire sur lui la sentence sacrée qui sied.

Nous ne citerons pas ici les maux qui gangrènent notre société car les uns et les autres l’ont ressassé à maintes reprises. Les multiples appels lancés par les uns et les autres n’ont pas été fructueux. Il faut donc des méthodes coercitives incitant au changement radical des habitudes pour entrevoir le bout du tunnel.

L’homo senegalensis sait pertinemment quel remède utiliser pour une guérison totale et immunisante. Il connait la source de ses mésenvatures citoyennes, il connait la cause de sa perte mais jamais il ne les pointera du doigt de crainte d’un lynchage médiatico-politique. Lorsque tous ces maux sont réunis on conclura comme Platon, dans La République : « …alors c’est là, en toute beauté et toute jeunesse, le début de la tyrannie. »

Soyons le changement que nous voulons !!!

Blaise Guignane SÉNE.

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